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Rubrique Patrimoine

A Cluny, le numérique comme outil de médiation

Le 23 mars 2016 - Guillaume Capou

A l’abbaye de Cluny, le numérique vient depuis plusieurs années en complément des visites guidées traditionnelles. Sans remplacer celles-ci, il permet de diversifier les outils à disposition du médiateur culturel et de capter plus longtemps l’attention d’un public de jeunes très familier avec les tablettes. De même, il pourra aider l’enseignant à préparer ou prolonger la visite de sa classe grâce aux ressources disponibles.

Un premier film de restitution de la grande église a été conçu dès le début des années 1990. Ce sont les premiers pas du numérique et du patrimoine à Cluny : il s’agit alors d’une déambulation dans l’église reconstruite en images numériques.

Il a fallu attendre ensuite quinze ans pour que soit créé un second film intégrant les dernières innovations technologiques. En 2005, la première version du film Maior Ecclesia est intégrée au parcours de visite dans une salle dédiée. Le film permet une déambulation à l’échelle 1 dans l’église et intègre le relief aux images 3D.

En 2010, Maior Ecclesia est repris pour bénéficier des avancées technologiques et intégrer les dernières découvertes des archéologues et historiens de l’art. Le film propose désormais un parcours dans l’église ponctué par des images de réalité augmentée qui donnent aux images de restitution une plus grande puissance évocatrice.

l’arrivée de la réalité augmentée

Parallèlement au film, une technologie totalement novatrice est utilisée au service du patrimoine : la réalité augmentée. Une première génération de bornes de réalité augmentées est installée sur le circuit de visite en 2008 : les écrans sont de véritables fenêtres sur le passé. Orientables, ils permettent de promener le regard dans l’espace intérieur et extérieur de l’église en gommant sur l’image les bâtiments monastiques construits au XVIIIe siècle. Ces bornes ont été démontées à la fin de l’année 2015. Le Centre des monuments nationaux travaille aujourd’hui à la mise en place de nouvelles bornes dans les prochains mois qui intégreront des dispositifs nouveaux permettant une appropriation encore meilleure de l’espace de la Maior Ecclesia.

Les tablettes mobiles forment une troisième génération d’aide numérique à la visite du patrimoine. L’application Clunyvision initiée à l’occasion des festivités liées au 1100ème anniversaire de Cluny en 2010 présente ainsi des restitutions virtuelles 3D du patrimoine. Il s’agit de permettre au visiteur de comprendre le site et de se situer dans la cité médiévale mais aussi dans les parties détruites de l’église. Cette visite peut alors se faire en classe et en dehors du bâtiment.

un objectif de valorisation

Le Centre des Monuments Nationaux a poursuivi sa réflexion autour des usages du numérique pour que le patrimoine visité ne soit pas uniquement un patrimoine "virtuel", un état des connaissances historiques. Nous sommes passés d’une présentation du site à une époque choisie par le concepteur de la visite virtuelle (avec l’état des connaissances archéologiques à un temps donné) à une visite plurielle, des informations nombreuses au milieu desquelles c’est le visiteur qui va tracer sa route et faire ses choix. Pourquoi vouloir montrer le patrimoine médiéval uniquement et effacer la magnifique façade classique, moderne et encore bien présente ? Le numérique permet de mettre toutes les informations à disposition du visiteur qui découvre le patrimoine dans son état contemporain.

Avec le Pays d’Art et d’Histoire entre Cluny et Tournus, des visites pédagogiques peuvent être préparées avec différentes applications (QRCode, GuidiGO, Padlet,...). Les élèves font des recherches, étudient le bâtiment, collectent des informations. Ils peuvent ensuite se rendre sur le site afin de confronter leur approche virtuelle et visuelle du site à une approche sensorielle du lieu.

Le bâtiment se livre en même temps que les QRcodes et autres géolocalisations livrent des informations sur ce qui est perçu. L’histoire des constructions et des reconstructions reprend sens en visitant l’état actuel du patrimoine clunisien. Les bâtiments de toutes les époques ne sont plus effacés pour laisser place à un patrimoine rêvé à une époque arrachée à la succession des instants dans une visite virtuelle.

Clunypédia sur les sites clunisiens peut également servir cette connaissance du réel. Au-delà de l’abbaye de Cluny, le réseau des sites clunisiens s’organise également pour présenter un patrimoine dispersé et inaccessible dans son intégralité à un visiteur. Des chapiteaux numérisés, des tympans et des œuvres remarquables de sites clunisiens sont disponibles dans cette encyclopédie numérique encore en construction. Voir les sculptures telles qu’on ne peut pas les voir du fait de leur hauteur par exemple permet de les décortiquer, de les confronter à d’autres œuvres présentes sur d’autres sites pour suivre la piste des ateliers, des influences réciproques. Le chercheur utilise le virtuel pour comprendre le patrimoine réel.

La lecture historique en classe peut se doubler d’une approche esthétique sur les bestiaires, les imaginaires médiévaux, les techniques de production artistiques, les forces dans la construction, l’approche géométrique. D’autres disciplines peuvent s’intégrer dans un projet pédagogique.

liens

- page de l’Abbaye de Cluny
- site de ressources Clunypédia ;
- site de la startup ayant développé Clunyvision : Paztec
- un exemple d’utilisation des tablettes pour une visite de Cluny dans le cadre du programme d’histoire de 5ème, sur la place de l’Église dans l’Occident médiéval.

article co-rédigé parVirginie Goutayer, adjointe à l’administrateur de l’abbaye de Cluny pour le Centre des Monuments Nationaux, et Sébastien Descourvières, enseignant missionné à l’abbaye de Cluny

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