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Une médiation numérique au Pavillon de l’Industrie

mercredi 16 mars 2016, par Éric Gady

Ouvert à l’automne 2015, le Pavillon de l’Industrie du Creusot est à même de tirer les premiers enseignements de la médiation numérique. Équipés de tablettes numé

Rappelons d’abord que l’académie François Bourdon, centre d’archives industrielles, est à l’origine de ce centre d’interprétation de l’industrie.

une mise en œuvre immédiate

Pour une génération d’élèves ayant une culture numérique via l’écran, l’adaptation à l’ergonomie de la tablette tactile est immédiate. Nul besoin de consignes d’utilisation, c’est un gain de temps appréciable. Écouteurs sur les oreilles, les premiers élèves équipés peuvent débuter leur parcours autour des plans en relief montrant l’évolution de la ville-usine du Creusot au XIXème siècle.

L’engouement pour le médium tactile, pour les objets exposés et le scénario proposé, se mesure au silence qui s’installe progressivement et devient total dès que l’ensemble des élèves est équipé. Ces premiers instants de silence sont particulièrement appréciés des accompagnateurs, comme un retour au calme entre l’entrée en classe et le début du cours. En fait les élèves sont déjà en activité, suivant à leur rythme, le début d’un récit dialogué montrant comment une ville va naître de l’industrie.

une muséographie augmentée

En privilégiant l’image et le son plutôt que l’écrit, l’intérêt premier de la tablette numérique réside dans l’apport en contenu. Au plaisir de voir les objets exposés s’ajoute des compléments sonores et visuels permettant de comprendre et de situer les contextes historique, géographique, social, technologique... ce qui caractérise les centres d’interprétation.

Le choix d’un scénario séquencé en quatre parties et douze sous-parties offre la possibilité de parcours variés dans l’exposition. En amont de la visite, grâce aux ressources en ligne, l’enseignant a préparé le parcours que suivront ses élèves. Il sera fonction du niveau de la classe, des contenus disciplinaires, des apports culturels, des approches historiques, sociales, technologiques souhaitées. Il a accès sur le site du Pavillon de l’Industrie à toutes les ressources présentées sur la tablette ainsi qu’aux photographies de tous les objets exposés.

de la tablette au grand écran

Rapidement insupportable dans une structure consacrée aux industries métallurgiques, le silence va être rompu par la sirène annonçant le réveil du marteau pilon de 100 tonnes. Le fracas des premiers coups invite les élèves à s’installer pour voir, sur grand écran, un film d’animation montrant le marteau pilon, en action, après plus d’un siècle de sommeil. Ce film présente également des images spectaculaires des industries actuelles du bassin creusotin. Séquence indispensable pour que les élèves aient une vision équilibrée des industries du XIXème siècle et d’aujourd’hui.

La visite avec la tablette numérique peut reprendre… avec les séquences consacrées au travail des femmes et des hommes, à la formation et à la recherche, aux productions du XIXème au XXIème siècle.

des parcours différenciés et adaptés aux capacités des élèves

Quelques enseignants sont allés plus loin dans la différenciation des parcours en confiant à divers groupes d’élèves la responsabilité d’approfondir différentes thématiques. L’objectif était qu’ils présentent à leurs camarades, lors du retour en classe, le fruit de leurs observations. Grâce aux ressources en ligne, leur professeur peut mettre à leur disposition les éléments nécessaires pour illustrer leurs présentations, prolongeant et approfondissant ainsi, à distance, la visite du Pavillon de l’Industrie.

Le temps consacré à la visite et son degré d’approfondissement varient en fonction de l’intérêt et de la curiosité de l’élève. L’expérience des groupes observés situe cette durée moyenne à une heure quinze environ. Au-delà, l’attention d’une partie des élèves se fragmente et dérive du récit proposé par les reportages photos ou les vidéos vers un usage plus ponctuel de la tablette. Les élèves butinent dans les ressources proposées, ou délaissent même la tablette pour explorer les cartels d’objets exposés. En fin de compte, cette forme de navigation permet de lever certaines inquiétudes, légitimes lors d’une étude muséographique, en montrant que les apports numériques ne s’effectuent pas au détriment de la consultation du fonds d’objets.

C’est donc un premier bilan positif qui peut être fait de l’usage de la médiation numérique. Grâce à l’interactivité du médium, les élèves ont eu le sentiment d’être acteurs de leur visite afin de comprendre hier et d’imaginer demain.

article proposé par Yves Rebouillat, enseignant missionné à l’académie François Bourdon


Voir en ligne : service éducatif de l’Académie François Bourdon