search

Accueil > événements > archives > 2015-2016 > dans l’Yonne > Une formation sur le manga à Sens

Une formation sur le manga à Sens

samedi 23 janvier 2016, par Laurence Rauline

Le 21 janvier 2016 a eu lieu à Sens, au CEREP (Centre de recherches sur le patrimoine) de Sens, une formation sur le manga organisée dans le cadre du prix SaYonne’ara. La formation a accueilli plus de cinquante participants. Destinée avant tout aux bibliothécaires et aux professeurs documentalistes, cette journée a permis de préciser les caractéristiques de ce genre original et souvent mal connu qu’est le manga.

répondre aux préjugés

Non, le manga n’est pas la traduction en bande dessinée des dessins animés japonais de mauvaise qualité que les enfants des années 80 pouvaient voir à la télévision. C’est un genre en réalité très diversifié, qui s’adresse à tous. Aux plus jeunes, le kodomo offre des récits simples et un graphisme attrayant. Aux collégiens, le shojo et le shonen proposent des récits d’aventure et des romances. Le seinen est un manga destiné aux lycéens et aux adultes. Jean-Loup Lefèvre, libraire spécialisé à Auxerre, a tenté de donner quelques repères sur ces différentes catégories de mangas, tout en rappelant qu’elles ne rendaient qu’imparfaitement compte de la réalité éditoriale japonaise.

Non, le manga n’est pas non plus qu’un simple produit de consommation culturelle, que l’on achèterait pour le jeter après une lecture de quelques minutes. Si les mangakas, avec humilité, se perçoivent plus comme des artisans que comme des artistes, ils n’en livrent pas moins des œuvres qui témoignent de la culture japonaise et qui peuvent devenir de vrais classiques. Joël Ito, étudiant aux Beaux-Arts de Paris, identifie le rythme comme un élément essentiel de l’esthétique du manga. Le récit, toujours rapide, ainsi que le dessin, toujours dynamique, en particulier grâce aux fameuses lignes de vitesse, traduisent un rapport au temps spécifique, marqué par le poids du présent et la brièveté de la durée.

Non, le manga n’est pas davantage un genre donnant une image dégradée de la femme. Les personnages féminins peuvent certes y être représentés en fonction de codes sexués caricaturaux. Mais est-ce si différent dans la publicité ou dans la production audiovisuelle occidentale ? Les stéréotypes de genre ne sont pas plus présents dans le manga qu’ailleurs. Les femmes, au Japon, écrivent et dessinent des mangas à succès. Elles osent aborder des sujets originaux, avec un ton d’une liberté que leurs consœurs occidentales ne partagent pas systématiquement.

donner des conseils de lectures

Les participants à la formation sont repartis avec des conseils bibliographiques. Il n’est pas si évident de choisir des mangas à proposer aux lecteurs. Faut-il s’en tenir aux titres les plus vendus, pour ne pas dérouter, ou faut-il faire découvrir des titres originaux ? Comment présenter des séries qui comportent parfois plusieurs dizaines de volumes et que l’on ne peut acheter dans leur intégralité ?

Dans les bibliothèques et le CDI, il est conseillé de ne pas négliger les titres comme Naruto, One piece ou Fairy Tail. Il ne faut pas forcément s’interdire d’acheter les cinq premiers volumes, par exemple, car cela peut fonctionner comme « produit d’appel ». Mais il importe d’accompagner les élèves vers d’autres découvertes qui les dépaysent davantage. Pour Bruno Pham, de la maison d’édition Akata, la lecture d’un manga devrait être une vraie rencontre entre la France et le Japon. À chaque bibliothécaire ou documentaliste de mettre en évidence également l’universalité des questionnements qui traversent ce genre.

- à lire aussi  : Le manga dans tous ses états au collège Montpezat


Voir en ligne : le prix Sa’Yonne’Ara