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Rubrique Histoire des arts

Patrimoine nivernais et histoire des arts

Le 19 avril 2015 - Samuel Kaczorowski

On savait que la Bourgogne était une terre très importante pour l’histoire de l’art en termes d’architecture religieuse. On connaît moins les vestiges neversois, où il est permis de deviner, par lecture archéologique, l’appareil liturgique des premiers chrétiens de la fin de l’époque mérovingienne au début de l’ère carolingienne. Les travaux de restauration de la cathédrale Saint-Cyr-et-Sainte-Julitte de Nevers sont l’occasion de mettre enfin en valeur ces fragments uniques en France, notamment pour les scolaires.

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Si discrets soient-ils, les vestiges des ensembles architecturaux des premiers chrétiens sont bien présents à Nevers. Ils se distinguent par leur âge, leur intégrité stylistique et leur relatif bon état.

Jean-Pierre Serapiglia du STAP de la Nièvre (Service Territorial et Patrimonial de l’Architecture et du Patrimoine) s’attache à valoriser le patrimoine de la cathédrale Saint-Cyr-et-Sainte-Julitte. Comme il l’a déjà fait avec les étudiants du lycée Alain Colas, il conduira avec plaisir vos classes sous les fondations modernes (reconstruites après le bombardement de 1944), à la découverte des vestiges du baptistère, de la première église catéchuménale, et de l’emmarchement de la première cathédrale romane. Cet ensemble du VIe siècle présente un des plus anciens groupes épiscopaux connus, en dehors de Rome et des régions moyen-orientales.

Quand l’architecture chrétienne s’est développée à la faveur d’un bâtiment unique (la cathédrale gothique actuelle, qui absorbe les trois bâtiments et oriente le nouveau chœur), le jubé, en tant qu’extrapolation du tref et du chancel, se charge de séparer les catéchumènes des fidèles. Les superbes restes peints du jubé de Nevers, longtemps éparpillés, sont patiemment collectés, année après année, et rassemblés dans la sacristie. Certains fragments présentent un état de conservation exceptionnel ; d’autres ont un peu souffert. Reste que le motif général apparaît de plus en plus clairement et que le sujet se précise.

La visite de la cathédrale permet encore l’examen du chœur roman occidenté et de sa crypte, où la mise au tombeau polychrome du XVIe siècle rappelle les fonctions initiales des anciennes cryptes : martyrium où les pèlerins viennent chercher la protection des morts.

Cet aspect est encore visible à l’église Saint-Etienne où l’on peut se rendre à pied depuis la cathédrale. Cet autre joyau de l’architecture chrétienne présente une des plus anciennes expressions françaises du déambulatoire comme résurgence des absides des plans cirquiformes des basiliques romaines. Alors que les églises contemporaines de Saint-Etienne sont charpentées, le travail des voûtes (coupole octogonale sur trompe au niveau du carré, nef en berceau écrasé sur le vaisseau principal, etc.) présente ici un raffinement totalement précoce pour une église du XIe siècle.

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Quand les échafaudages de la cathédrale seront définitivement retirés, que les tailleurs de pierre auront terminé leur colossal chantier - un des plus importants chantier public de restauration de la décennie pour la région Bourgogne - une exposition devrait présenter, à la cathédrale, et pour les Journées européennes du patrimoine, quelques-uns des fragments sculptés originaux du clocher. La maison du patrimoine prépare également une mise à hauteur d’homme des statues monumentales des dais perchés : les moulages effectués pour les restaurateurs seront remis à la ville et exposés en différents lieux, dont des écoles. L’École Supérieure d’Arts Appliqués de Bourgogne est notamment candidate pour recevoir trois rondes-bosses, en consultation pour les cours de modelage et de dessin.

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