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Collège de la Châtaigneraie (Autun) - "Devenir un hoaxbuster"

mercredi 4 décembre 2019, par Annabelle Renoud

Fake news, théories du complot : face à la quantité d’informations qui circulent sur les réseaux, comment différencier le vrai du faux ? Avec l’aide du CLEMI, d’un journaliste professionnel et de leurs professeurs de lettres, d’histoire-géographie et d’arts plastiques, des élèves de troisième ont appris à distinguer une info d’une intox et à recouper leurs informations pour remonter à la source. Les deux classes ont également découvert comment on décode une image... et comment on la manipule.

Initié par Julie Andali, professeure de lettres, et Alexandre Boise, professeur documentaliste, dans le cadre des programmes de lettres et d’histoire, ce projet s’est appuyé en particulier sur les affiches et les films de propagande de la Seconde Guerre Mondiale et la manipulation d’idées à visée politique et idéologique. L’objectif final était de réaliser de courtes vidéos à la manière des fake news afin de sensibiliser les collégiens à cet enjeu et leur donner les outils pour construire leur esprit critique.

de l’analyse à la pratique

Le projet a commencé par une éducation au regard : images et photos retouchées, cadrage et composition d’une photographie, implicite dans l’image, nécessité d’une légende, analyse symbolique... Les élèves se sont initiés au décodage des messages picturaux, avant de passer de l’image fixe à l’image mobile.

Les deux classes ont ensuite travaillé autour des questions suivantes : qu’est-ce qu’une fake news ? Une théorie du complot ? Quel intérêt pour celui qui la propage ? Ils se sont appuyés sur des documents vidéo issus de chaînes dont l’objet est de déconstruire les fake news, comme Defakator, Hygiène Mentale, e-penser ou encore Astronogeek). Après s’être initiés au repérage des indices qui permettent de repérer la fausse information et à la vérification de ces informations, ils ont réinvesti leurs compétences en abordant le thème de la manipulation des images dans l’Histoire avec l’étude d’affiches et de films de propagande.

L’écriture et la réalisation de capsules vidéo a donné lieu à création de cinq clips présentant chacune une fake news et son décryptage. Avec l’aide du professeur documentaliste Alexandre Boise, les élèves ont pris en charge l’ensemble du processus, de l’écriture de scénarios au montage, en passant par le découpage des séquences, la réflexion autour des mises en scène et le tournage des scènes. Une initiation aux techniques audiovisuelles leur a permis de capter image et son, d’incruster des vidéos et de mixer images et sons, le tout en lien avec les règlements sur le droit à la diffusion des images.

Ces différentes étapes ont permis aux élèves de découvrir des articles, des reportages, des images d’information sur des supports et dans des formats divers, se rapportant à un même événement, à une question de société ou à une thématique commune. Ils ont ainsi compris l’importance de la vérification et du recoupement des sources, la différence entre fait brut et information, les effets de la rédaction et du montage.

des partenariats fructueux

En parallèle, une visite au Mémorial de la Shoah à Paris a été organisée, avec participation à l’atelier : "la fabrique du complot : hier et aujourd’hui".

Nathalie Barbery, référente académique du CLEMI, est intervenue pour expliquer aux élèves le lien entre journalisme et images et la nécessité de recouper ses sources avant de partager une information. Un stage établissement par le CLEMI a été organisé pour les enseignants.

Le metteur en scène et comédien Jacques Arnould est intervenu auprès des classes pour la réalisation du film et aider les élèves à mieux appréhender le jeu théâtral. Enfin, ce projet s’est voulu interdisciplinaire : travail par le professeur-documentaliste sur la presse, les supports vidéo, l’image et tout ce qui touche à la réalisation des vidéos ; travail en français sur l’argumentation, la rhétorique, l’implicite, la subjectivité ; en arts plastiques sur les logiciels de retouche d’image ; en histoire sur la propagande.

L’intérêt du projet a été de sensibiliser les élèves à la qualité et la véracité des informations auxquelles ils sont confrontés, en particulier sur les réseaux sociaux, mais aussi de développer l’autonomie et le sens critique chez l’adolescent. Il s’agit de travailler l’éducation à la citoyenneté par la conscience du pouvoir et des dangers de la désinformation et de donner des outils pour vérifier l’information.

- visionner la vidéo "Devenir un hoaxbuster" :

article proposé par Julie Andali, professeure de lettres et coordonnatrice du projet avec M. Boise