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L’option théâtre du lycée Saint-Germain au studio du théâtre d’Auxerre

jeudi 13 juin 2019, par Vanessa Gaillet

Mardi 21 mai 2019, l’option expérimentale théâtre du lycée professionnel Saint-Germain a investi le studio du théâtre d’Auxerre. Une "expérience" qui a permis, trois ans durant, à des élèves de bénéficier d’un enseignement complet du théâtre impliquant non seulement une école du spectateur mais également une pratique théâtrale approfondie.

À l’école, le théâtre est de moins en moins considéré comme un genre littéraire que l’on étudie exclusivement dans les livres. Dans une option théâtre, les élèves apprennent à fréquenter le théâtre pour ce qu’il est vraiment : un lieu de spectacle vivant.

Dans leur cursus, les élèves du lycée Saint-Germain d’Auxerre ayant choisi l’option expérimentale théâtre assistent à des représentations – c’est l’école de spectateur – et ils expérimentent le jeu théâtral. Nul doute que ces multiples expériences les aident à grandir, à devenir de jeunes adultes épanouis qui ont moins peur du regard des autres et qui ont appris à gérer leur stress.

Le sens du collectif est aussi important : il n’y avait qu’à voir, mardi soir, comment les jeunes acteurs au plateau se soutenaient quand l’un d’eux avait une hésitation. L’expérience du théâtre a ceci de formateur qu’on ne fait pas un spectacle tout seul et que chacun a sa pleine part de responsabilité dans la réussite du groupe.

Côté cour

Les élèves ont assisté à quatre spectacles : des classiques, avec Les Justes de Camus, mis en scène par Thierry Falvisaner et Othello de Shakespeare dans la nouvelle production de l’artiste en résidence, Léo Cohen-Paperman. Ils ont également pu découvrir l’ébouriffante relecture de l’Histoire proposée par Vincent Fouquet et Sébastien Valignat dans Quatorze, une comédie documentée relatant les trente-huit jours qui précédèrent la Première Guerre mondiale. La dans e n’a pas été oubliée avec Danser Casa, le spectacle des jeunes danseurs marocains chorégraphié par Kader Attou et Merad Merzouki. Un joli parcours dans la saison du Théâtre d’Auxerre.

Côté jardin

Les élèves ont pour leur part livré un spectacle en trois parties, puisque désormais l’option est ouverte dans les trois niveaux.

Demandez le programme :

- Les Secondes  : Une bouteille dans la mer de Gaza, d’après le roman de Valérie Zenatti, mise en scène de Elvire Ienciu de la compagnie Turlupin, en collaboration avec Elisabeth Roblin, enseignante. Une mise en scène touchante, sobre mais efficace par rapport au sens du livre. L’histoire de la relation épistolaire (internet évidemment !) entre une jeune Israélienne, interprétée par six filles, et un Palestinien de Gaza dont le rôle était porté par un seul garçon.

- Les Premières : Grand Manège de Stéphane Jaubertie, et autres textes sur l’identité. Le début de la prestation rend compte du travail de l’année autour de l’improvisation sur le thème de l’identité. Puis on glisse naturellement dans le texte de Jaubertie. Une pièce d’anticipation à l’humour caustique, un monde dans lequel un chef autoritaire en relation avec on ne sait quelle instance du destin attribue chaque matin aux personnes le métier qu’elles doivent faire. Cardiologue ? Punk à chiens ? Professeur ? Cette variété donne aux élèves, sept filles et deux garçons, la possibilité de s’amuser avec les différents rôles. Le discours du professeur excédé de devoir encore supporter des élèves prenait une saveur toute particulière.

- Les Terminales : Cendrillon, de Joël Pommerat. L’auteur propose une relecture moderne du conte : l’histoire de Sandra qui a vécu l’épreuve du deuil de sa mère et qui va apprendre à s’émanciper. Les huit filles et six garçons de la troupe se relaient dans tous les rôles de la pièce, dont celui du narrateur en version chorale. On sent les progrès réalisés en trois ans : la performance est deux fois plus longue que les précédentes, mais tout aussi bien rodée. La circulation en scène avec changements de décor à vue est fluide. Chacun joue sa partition avec conviction et les jeunes servent bien l’humour décalé du texte.

Les élèves de Première et de Terminale travaillent avec Augustin Bécard, de la compagnie FMR, et David Richefeu, enseignant.

article proposé par Véronique Poinsot, enseignante missionnée en service éducatif au Théâtre d’Auxerre

crédits photos : Vincent Taraud