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Projet "Graff à l’hôpital" à Dijon

mardi 7 mai 2019, par Benjamin Girault

L’instruction reste obligatoire même lorsqu’un élève est hospitalisé. Situé au CHU de Dijon, le Centre Scolaire de l’Hôpital d’Enfants assure bien évidemment l’enseignement des matières traditionnelles, mais n’oublie pas l’éducation artistique, culturelle. L’EAC est même une véritable tradition dans ce service, qui s’est allié à l’association Impro’Dij afin de proposer "Graff à l’hôpital".

Depuis plusieurs années, Christophe Cugniet, directeur du centre scolaire, et son équipe pédagogique s’investissent dans de nombreux projets artistiques et culturels. En effet, même si les élèves sont hospitalisés, il est très important pour l’équipe qu’ils puissent continuer à jouir d’une éducation artistique et culturelle, une ouverture qui leur permet d’ailleurs souvent d’oublier un quotidien parfois compliqué. De fait, le centre scolaire a participé à différentes opérations comme par exemple "Dis-moi dix mots" en 2017-2018 ou encore au festival Itinéraires singuliers. La participation des élèves à des ateliers BD avec Éric Rückstühl a donné lieu à une exposition avec des séances de dédicaces avec différents artistes. Le centre scolaire est également en lien avec le Consortium ou encore Les Beaux-Arts.

projet "Graff à l’hôpital"

Ce projet s’inscrit dans le dispositif "Tandems solidaires", un dispositif multi-acteurs coordonné par le réseau Bourgogne Franche-Comté International et les académies de Dijon et de Besançon. Il consiste à créer des binômes composés d’un groupe d’élèves et d’une association de la Région et de les réunir autour d’un projet d’éducation à la citoyenneté mondiale. Dans ce projet, l’éducation artistique et culturelle a été mise à l’honneur car c’est l’association Impro’Dij qui a été sollicitée. Elle a pour but de promouvoir la culture urbaine auprès de la jeunesse. Alexis Daboville et Michel Chippeaux sont les deux artistes de l’association qui sont intervenus à l’hôpital.

Deux projets graff ont été réalisés :
- une fresque murale dans le couloir du centre scolaire au quatrième étage de l’hôpital d’enfants avec le service de pédopsychiatrie ;
- une fresque composée sur des panneaux de contreplaqué amovibles, fixée au sixième étage de l’hôpital d’enfants avec le service d’adopsychiatrie.

un projet pour grandir, s’ouvrir sur le monde et s’évader dans l’imaginaire.

Dans un premier temps, l’objectif de ce projet a été de faire découvrir de nouvelles formes d’expression (le graff) et de permettre aux enfants et aux adolescents de les expérimenter. Il s’agissait également de comprendre que le graff est un mode de langage universel, un mode d’expression utilisé depuis la Préhistoire et développé dans le monde entier à l’image de certains graffeurs comme Banksy, devenus très célèbres et qui continuent aujourd’hui de graffer leurs messages de par le monde.

Dans un second temps, l’objectif était un travail de réflexion sur le thème de l’éducation à la citoyenneté mondiale. Les élèves ont ainsi été amenés à s’interroger ensemble et à élaborer un projet commun pour illustrer un message collectif autour des thématiques de la tolérance, la solidarité, la fraternité, le droit à la différence et l’éducation pour tous. La réalisation de la fresque restera ainsi comme un témoignage gravé sur la pierre des murs de l’hôpital pour rappeler à ceux qui ont participé à ce projet, mais aussi aux autres, qu’une œuvre collective est toujours possible même lorsqu’on est hospitalisé.

Un vernissage est prévu début juin pour mettre à l’honneur ce projet.

les compétences mises à l’œuvre

En termes de savoir-faire, les élèves ont pu apprendre les diverses techniques d’arts plastiques permettant de couvrir des surfaces murales (bombes, pochoirs...). Ils se sont confrontés à l’argumentation en participant à des débats sur la tolérance. Ils ont également réalisé des panneaux explicatifs autour de leur projet.
En termes de savoir-être, ils ont appris à s’organiser, à travailler ensemble et à mener un projet en collaboration avec d’autres.

En définitive, ce projet respecte les trois piliers de l’éducation artistique et culturelle : l’acquisition de connaissances, la rencontre avec les œuvres et les artistes et la pratique artistique.

Artistes et élèves sont unanimes : ce projet a été une réussite. Michel Chippeaux, artiste graff à l’association Impro’Dij, avoue que les élèves sont au départ un peu bloqués mais lorsqu’ils ressentent ce sentiment de liberté que leur offre la pratique du graff, lorsqu’ils comprennent que le "mal-faire" n’existe pas, alors c’est avec un enthousiasme indicible qu’ils se lancent dans l’aventure.

Léa et Lisa, quant à elles, ne sont pas prêtes d’oublier cette riche expérience. Même si la première séance a pu être parfois difficile en termes de techniques, la notion de plaisir s’est vite installée. Cela leur changeait les idées, elles pouvaient s’évader et sortir du service, du moins par l’esprit. Ce projet a également été pour elles une expérience humaine et artistique qui leur a permis de se recentrer sur les valeurs qui doivent nous rassembler, la liberté, l’égalité et la fraternité. "Pendant des heures entières, on ne voyait pas le temps passer", confie l’une d’entre elles.