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L’évaluation en EAC

dimanche 3 mars 2019, par Éric Gady

Comment évaluer l’Éducation Artistique et Culturelle ? Sur quels indicateurs ? Selon quelles modalités ? Un rapport de l’Inspection Générale publié en janvier 2019 énonce des considérations et des recommandations à la fois conceptuelles et pratiques qui posent les fondements d’une méthodologie éclairant une dimension de l’EAC trop souvent éclipsée.

Évaluer l’Éducation Artistique et Culturelle peut revêtir des modalités différentes, selon que l’on s’intéresse à l’élève, à l’établissement, à l’académie ou au territoire national, même si un point commun semble réunir aujourd’hui tous ces cas : très souvent, l’évaluation, constitue le parent pauvre de l’EAC et se résume à quelques chiffres divers. Ainsi, l’enseignant ayant mené un projet qui a lui a demandé un temps conséquent ne dresse pas forcément une évaluation du projet. Il en établit plutôt un bilan, avant tout quantitatif : nombre d’élèves concernés par le projet, nombre d’heures consacrées à sa réalisation, éléments budgétaires, et mention de la réussite éventuelle du projet.

Ce dernier critère est d’ailleurs très souvent intuitif et s’établit parfois selon le sentiment que le projet a plu, voire a été profitable aux élèves comme aux enseignants. Il peut également prendre une allure plus "scientifique" sous la forme du résultat d’un sondage. Cet aspect quantitatif du bilan est d’ailleurs aussi bien rassurant pour l’enseignant, qui rend ainsi des comptes par rapport aux moyens engagés dans le projet, que pour sa hiérarchie ou ses partenaires qui disposent ainsi de données tangibles à enregistrer.

l’évaluation : une nécessité à prendre en compte dès la genèse du projet

Toutefois, ces bilans ne sauraient se confondre avec une évaluation qui doit d’abord reposer sur la mesure des résultats attendus par rapport à ceux estimés à la fin du projet. Pour cela, le rapport préconise une méthodologie de l’évaluation des projets EAC qui repose notamment sur plusieurs points :
- développer des actions de formation sur l’évaluation, afin de permettre aux enseignants comme à l’ensemble des acteurs de l’EAC de prendre conscience de cet aspect et de leur donner des moyens pour évaluer les progrès des élèves lors des projets ;
- intégrer la notion de l’évaluation dès la conception du projet : il n’est pas possible de se poser la question de l’évaluation une fois le projet terminé. C’est donc dès l’origine qu’il faut concevoir outils et indicateurs qui permettront d’évaluer, à la fin du projet, s’il atteint ses objectifs ;
- penser aux indicateurs mettant en avant les effets de l’évaluation. Ils sont notamment de deux sortes :

  • une entrée par les compétences artistiques, que l’on peut identifier en utilisant avec grand profit le référentiel du parcours EAC) ;
  • une entrée concernant les effets sur le climat scolaire : taux d’absentéisme, dynamique de la classe et de l’établissement, etc. ;

- mettre en place des outils, en particulier numériques, pour faire remonter rapidement l’évaluation quantitative, en termes de nombre d’élèves concernés par exemple, et les agréger à l’ensemble des autres projets menés au sein de l’établissement - un traitement statistique que la plate-forme ADAGE devrait pouvoir effectuer ;
- perfectionner des outils pour que chaque élève garde la mémoire de son parcours EAC (Folios), notamment en y ajoutant une démarche d’autoévaluation.

Le rapport ne se limite évidemment pas à ces quelques points ici résumés. Son premier mérite réside sans doute dans la volonté qui le sous-tend de sensibiliser l’ensemble des acteurs pour progresser dans cette dimension de l’EAC qui reste encore à défricher.

- télécharger le file_download rapport IGEN-IGAENR "l’évaluation de la politique d’éducation artistique et culturelle"


Voir en ligne : présentation du rapport sur le site Eduscol