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Cinéma et "100% EAC"

jeudi 28 février 2019, par Vanessa Gaillet

L’institution scolaire accorde une place importante au cinéma dans le cadre de l’éducation à l’image. Avec ses partenaires, l’Éducation nationale propose des dispositifs qui touchent un grand nombre d’élèves. Les opérations École et cinéma, Collège au cinéma et Lycéens et apprentis au cinéma ainsi que les projets qu’ils font émerger sont de puissants leviers pour atteindre l’objectif de 100% d’élèves concernés par l’EAC, dont ils permettent d’investir les trois piliers. À ce titre, ils peuvent constituer des éléments structurant le parcours de l’élève et le volet culturel qui en est le support.

La première pratique culturelle des jeunes est celle de l’image. Les opérations et les actions liées au cinéma rencontrent un succès appréciable auprès des élèves, qui manifestent souvent un intérêt réel pour les films présentés à leur attention. L’enjeu est de tirer parti de cette adhésion spontanée pour initier les élèves à la culture cinématographique.

En 2017-2018, plus de 60% des collèges de l’académie de Dijon se sont inscrits au dispositif Collège au cinéma, qui a concerné 12000 élèves, soit près d’un élève sur cinq. Étendus sur les trois années d’un cycle, ces chiffres montrent que le large rayonnement des dispositifs de sensibilisation et d’éducation au cinéma constituent un moyen à ne pas négliger pour relever le défi du "100% EAC". Cela suppose néanmoins deux conditions : d’une part, investir de façon effective les trois piliers, sans éluder celui de la pratique artistique. D’autre part, mettre en place un suivi de cohorte permettant véritablement à chaque élève de bénéficier de ces opérations et des projets qu’elles permettent de réaliser.

tous au cinéma : cohortes d’élèves et volet culturel

La difficulté parfois soulevée avec les dispositifs École et cinéma, Collège au cinéma et Lycéens et apprentis au cinéma est celle de la répartition des classes participantes. Au cours d’un cycle d’apprentissage, il n’est malheureusement pas rare de constater que, si certains élèves ont la chance de participer une, deux, voire trois fois à l’opération, d’autres ne fréquenteront jamais les salles obscures avec leur classe.

Permettre à tous les élèves d’une école ou d’un établissement de participer à un dispositif, voire à un projet autour du cinéma, est pourtant non seulement souhaitable, mais également envisageable.

La première condition à recommander est bien entendu d’inscrire le dispositif au volet culturel du projet d’école ou d’établissement. Cette inscription, tout en donnant une légitimité à la participation en la programmant sur une durée de trois ou quatre ans, peut également lui conférer une assise en favorisant une réelle coordination de l’opération au sein de l’équipe éducative, lors de conseils pédagogiques par exemple. Elle encourage également la mise en œuvre d’un cadre commun pour le suivi du parcours de l’élève (application Folios, cartes PEAC). Enfin, l’inscription du dispositif se justifie particulièrement dans le cadre d’un volet culturel mettant l’accent sur un domaine artistique et culturel par niveau.

Dans cette perspective, et afin de rendre possible la participation de chaque cohorte d’élèves, il est opportun de prévoir l’inscription, sur la durée du volet culturel, de l’ensemble des classes d’un même niveau au dispositif. Dans le département de l’Yonne, en 2017-2018, un collège participant sur deux avait ainsi pu inscrire un niveau entier à l’opération Collège au cinéma. Il est à noter que ce type de mesure constitue un jalon déterminant dans l’élaboration de référentiels communs et de progressions pédagogiques concertées, surtout si la participation au dispositif s’inscrit dans le cadre de liaisons interdegrés. Ces outils peuvent s’avérer utiles pour conférer au suivi du dispositif une véritable portée transdisciplinaire.

initier les élèves à la pratique audiovisuelle

Lorsque l’obtention de places pour les élèves d’un niveau entier s’avère compliquée pour des raisons financières, des alternatives sont possibles, comme celle qui consiste à monter un projet de pratique cinématographique : une ou plusieurs classes peuvent travailler sur la programmation de Collège au cinéma à partir de la projection d’extraits tirés de DVD dans l’optique de la participation à un concours de réalisations de courts métrages (concours de films suédés de l’Yonne, Fête du court-métrage, Festival du court-métrage scolaire de l’Yonne, etc.) Ainsi, même si l’élève n’a pas vu le film en salle, il a pu, à partir du travail effectué en classe, bénéficier d’une véritable pratique audiovisuelle.

Se lancer dans le tournage d’un film peut encore parfois inquiéter certains enseignants (la durée du tournage, les compétences techniques, la gestion des élèves pendant le tournage), pourtant des formations sont proposées aux professeurs pour les accompagner dans leurs débuts de réalisateurs. Les file_download formations proposées par Réseau Canopé , la nouvelle formation tournage de films suédés dans l’Yonne, les éventuels stages du PAF ou encore la possibilité de demander une formation inter-établissements.

rencontrer les professionnels et fréquenter les lieux du cinéma

Si l’idée de la réalisation de films ou clips n’est pas retenue, les classes peuvent toutefois approfondir leurs connaissances sur le genre cinématographique à travers des visites à la Cinémathèque française ou encore au Musée Lumière de Lyon. Ces musées proposent des visites de leur exposition permanente ainsi que des expositions temporaires mais aussi des ateliers, autour du cinéma d’animation par exemple, ou encore un parcours sur la naissance du cinéma).

Dans l’académie de Dijon, des rencontres autour du cinéma sont organisées chaque année dans plusieurs départements comme les Rencontres des ateliers cinéma organisées à la cité scolaire de Toucy, permettant aux élèves de bénéficier d’ateliers de matin et d’échanger sur les pratiques audiovisuelles l’après-midi avec des professionnels, ou encore le Forum du cinéma organisé par la DSDEN et le Département de Saône-et-Loire.

Comment financer les projets autour du cinéma ?

Concernant le financement de ces projets cinéma, des pistes pour obtenir des subventions existent : l’appel à projets de certains conseils départementaux permet de rémunérer l’intervention d’un cinéaste au sein de la classe, l’appel à projets "Mise en place du PEAC" ainsi que l’appel à projets arts et culture de Réseau Canopé.

- voir les appels à projets sur le site arts et culture

Par ailleurs, un nombre de plus en plus important d’établissements se trouvent situés sur des territoires couverts par des CLEA, en particulier dans les secteurs ruraux. Ces dispositifs peuvent là aussi permettre à certaines classes de se lancer dans un projet à dominante arts visuels. À Joigny, deux classes vont ainsi participer au projet "fabrique de fiction" : cette action menée en liaison interdegrés avec une classe du collège Marie Noël et des élèves de primaire implique la réalisation d’un court-métrage afin de revisiter la rue, le quartier, la ville et le territoire. Pour valoriser le travail des élèves autour du patrimoine et de la citoyenneté, le court-métrage sera programmé à la diffusion au cinéma Agnès Varda de Joigny. Pour mener ce projet, la société de production Le Cœur de l’Homme composée par Estelle Beauvais et Jef Guillon accompagnera les élèves pendant le temps de l’action.

Enfin, certaines actions ont un coût limité : le concours de films suédés de l’Yonne, en proposant aux élèves et leurs enseignants de réaliser des remakes de films célèbres avec les moyens du bord, n’implique pas de gros moyens.

objectif 100 % EAC atteint !

Tous ces moyens conjugués permettent en fin de compte de toucher l’ensemble des élèves d’un même établissement. Dans un collège comptant par exemple, cinq classes de cinquième, on peut prévoir l’inscription de deux ou trois classes au dispositif Collège au Cinéma, puis programmer pour les deux classes restantes un projet autour de l‘un des films de la sélection avec une visite de la Cinémathèque française ou encore la participation à la réalisation d’un film.

Si chaque année, dans ce collège, tous les élèves d’un même niveau mènent un projet autour du cinéma, intégrant les trois piliers de l’EAC en :
- acquérant des connaissances précises (sur un genre cinématographique, sur la naissance du cinéma, sur un réalisateur ou un acteur) ;
- rencontrant des professionnels ou en fréquentant une salle de cinéma ou un musée ;
- réalisant un film (même très modeste), une bande-annonce ou encore la rédaction d‘une critique, au bout de quatre ans, tous les élèves de cet établissement auront participé à un projet EAC autour du cinéma.


Voir en ligne : les dispositifs d’éducation à l’image sur le site académique Collège au cinéma