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Le Centre de Connaissances et de Culture : un allié pour le PEAC

dimanche 3 mars 2019, par Benjamin Girault

Acteur majeur de l’ouverture de l’établissement sur son environnement éducatif et culturel, le professeur documentaliste permet d’associer le parcours EAC au parcours de formation à la culture de l’information. Au collège Denfert-Rochereau, à Auxerre, le Centre de Culture et de Connaissances impulse et accompagne des dispositifs et des projets significatifs touchant un grand nombre d’élèves de l’établissement.

PEAC et apprentissages info-documentaires

Selon Angélique Segura, professeur documentaliste au collège Denfert-Rochereau à Auxerre, le PEAC est un allié de taille dans l’acquisition du parcours de formation à la culture de l’information (PACIFI). En effet, l’examen des différents programmes d’enseignement met en évidence le fait que la documentation est un socle commun à toutes les disciplines. Le rôle du professeur documentaliste est de contribuer à former les élèves à la maîtrise de l’information en visant des compétences transdisciplinaires.

En outre, si l’ancrage disciplinaire est une nécessité, les activités de recherche documentaire exigent une démarche transversale. Développés sous la forme de pédagogie de projet, les projets sont pensés pour permettre à l’élève de réaliser une production concrète en intégrant des nouveaux savoirs. Elle y voit ici une des finalités du parcours d’éducation artistique et culturelle. Ainsi, le PEAC devient un champ d’action propice pour l’apprentissage de nouveaux savoirs, savoir-faire et savoir-être info-documentaires.

Angélique Segura ajoute qu’au regard de sa circulaire de missions, elle a un rôle d’ouverture culturelle de l’établissement. De fait, sa mission rejoint, à son sens celle du PEAC et de ses trois piliers : créer des rencontres avec des œuvres, favoriser des pratiques aussi bien individuelles que collectives et faire acquérir des connaissances. En définitive, le PEAC peut donner du sens et de la cohérence tout en offrant la possibilité à l’enseignant, qu’il soit documentaliste ou de discipline, d’accompagner les élèves dans la construction d’une réflexion sur leurs propres apprentissages. Elle souhaite faire d’eux des passeurs d’art.

Enfin, la configuration modulable du CCC du collège Denfert-Rochereau permet de transformer ce lieu en un espace de rencontre qui favorise les projets communs en dépassant les cloisonnements disciplinaires, comme en témoignent trois projets menés au cours de l’année scolaire 2018-2019.

prix littéraire départemental manga SaYonne’ara

Depuis six ans, le collège Denfert-Rochereau participe à ce prix. Cette année, le projet est proposé à deux classes de cinquième. Il permet aux élèves de découvrir des mangas sélectionnés par des professionnels (libraires, bibliothécaires, professeurs documentalistes) parus entre septembre 2017 et aout 2018. « Kodomo, shojo, shonen » sont les trois catégories proposées aux élèves. Ainsi, ces derniers sont amenés à travailler les compétences orales mais aussi à appréhender la culture japonaise. Cela permet également de faire tomber les a priori. Par exemple, les élèves garçon ont fini par réaliser que les shojos n’étaient pas destinés uniquement aux filles même s’ils traitaient d’histoire d’amour. Ce projet a donc permis d’aborder les stéréotypes de genre. Les garçons avouent avoir été surpris par les shojos, comprenant ainsi qu’ils ne sont pas réservés aux filles. D’eux-mêmes, les élèves concluront que les shojos font part des émotions, des sentiments entre les êtres et ne sont pas que des histoires d’amour de filles. Et ce n’est pas parce que l’on est un garçon que l’on ne peut pas montrer ses sentiments. Ce n’est pas non plus parce que nous avons des sentiments envers une fille que nous en sommes forcément amoureux.

Après leur lecture, les élèves ont été amenés ensuite à préparer une présentation orale de cinq minutes de leur manga préféré. Pour cette année, ils devaient amener un objet caractéristique du manga pour le présenter. L’objet servant de prétexte à donner son point de vue, argumenter et justifier ses choix.

Enfin, les élèves ont été invités à participer au concours de dessin de création de la future affiche du Prix SaYONNE’ara. Ce concours permet aux élèves de comprendre les codes du dessin manga et de rencontrer des mangakas via leurs recherches documentaires. En parallèle, un club origami a été mis en place sur la pause méridienne.

Pour terminer, le projet se finira par une journée à Sens en immersion dans le monde du manga et de la culture japonaise. Cette journée sera l’occasion de rencontrer un mangaka et de lui poser des questions préparées en amont. La participation aux différents ateliers permettra de comprendre la culture de l’Autre tout en la pratiquant. Une journée de clôture qui s’annonce riche en découverte et très attendue par les élèves.

Des élèves qui ont été séduits par ce projet :

Jade : "J’ai trouvé que la sélection était parfaite pour commencer à lire des mangas pour la première fois de ma vie. J’ai trouvé ça super de faire un exposé oral avec un objet, cela nous permet de voir ce que chacun a préféré et ce qu’il a retenu du manga. C’était super intéressant à faire et à écouter. Cela permet de ramener un objet intéressant et d’expliquer. La sortie à Sens est une bonne idée car cela nous permet de faire "la suite" des activités faites en classe et de replonger dans le monde des mangas lus."

Antoine : "J’ai découvert les kodomo et les shojo parce que j’avais l’habitude de lire des shonen. C’est une bonne sélection parce que j’avais l’habitude de prendre des One piece ou Dragon ball. Grâce à cette sélection, ça m’a permis de voir plus loin et de lire des mangas plus récents. La sortie à Sens est une bonne chose parce que ça permet de rencontrer d’autres personnes."

le projet "exchange international bookmark"

Les élèves de 6ème2 et de 6ème 6 ont répondu positivement à la proposition de leur professeur documentaliste et Cristel Papasian, leur professeur d’arts plastiques, de participer à un concours international d’échange créatif et d’intérêt culturel. Il s’agissait de réaliser un marque-pages par élève, et de les expédier à un pays partenaire, qui, en retour, a fait de même.

Un thème commun a été choisi afin de proposer un projet cohérent, formant un ensemble unifié, une fois les marque-pages assemblés. Dans la mesure où l’ensemble de l’équipe pédagogique du niveau sixième travaille, cette année, autour des contes de fée, c’est tout naturellement que ce thème a été retenu. Les élèves de sixième se sont d’ailleurs rendus à l’exposition "Il était une fois la science dans les contes" à la Cité des Sciences de la Villette, à Paris.

L’univers du conte de fées permet d’enrichir la culture générale des élèves, grâce à un très riche patrimoine littéraire. En outre, ils comportent de nombreux mystères, et de nombreux questionnements que chaque discipline peut intégrer à sa pédagogie. Ce sont les élèves qui se sont entendu pour choisir les contes et travailler autour de sept d’entre eux : Aladin, Pinocchio, Alice au pays des merveilles, Cendrillon, Les trois petits cochons, Le Chaperon rouge, et Jack et le Haricot magique. Ensuite, ils ont choisi des personnages à représenter et se les sont répartis. Ils ont interprété ces personnages afin d’en proposer une représentation personnelle tout en produisant dans les contraintes imposées par le format et la fonction d’un marque-page.

Les élèves ont ainsi été amenés à échanger avec des élèves hongrois de Budapest et d’autres du Portugal. Ils étaient très enthousiastes et très appliqués, peut-être même plus que si ce travail avait été réalisé pour eux-mêmes. L’échange a réellement été moteur. Lorsque les lettres sont arrivées au CCC, l’excitation était palpable. Les élèves comme leurs professeurs étaient enjoués et impatients. Une lettre en anglais accompagnait les premiers marque-pages. Ce fut L’occasion pour les élèves de solliciter leur professeur d’anglais pour la traduire.

L’investissement des élèves et leur engouement ont été réels :

Lia-Lou : "J’ai adoré ce projet parce que j’adore dessiner et j’ai pu ensuite montrer mon talent et voir celui des autres."

Lucas : "J’ai bien aimé faire ce projet car j’aime bien dessiner. J’ai beaucoup aimé le résultat de mon marque-page, j’ai aussi bien aimé le marque-page que j’ai pioché."

Lou-Anne : "J’ai beaucoup aimé échanger, créer notre marque-page et comme j’aime lire, ce marque-page me servira. J’ai aimé aussi piocher au hasard mon marque-page et découvrir le nom de celui qui l’avait créé. La lettre qui a été envoyée du Portugal était très intéressante et m’a permis d’imaginer leur vie, leur collège."

Astrographie ou vue d’artiste

Pour la deuxième année consécutive, Angélique Segura a été sollicitée par sa collègue professeur de physique-chimie, Maktouba Zerdouk, pour établir des recherches sur le système solaire dans le cadre de son programme. Ce travail a été l’occasion pour les élèves de sixième de comprendre à quoi servait le CCC et le rôle du professeur documentaliste. C’est dans ce cadre que se sont inscrites également les premières séances d’éducation aux médias et à l’information (EMI). À l’issue de ce travail a eu lieu une rencontre sous la forme d’une exposition éphémère le lundi 12 novembre pour les classes de 6e2 et de 5e2. Madame Zerdouk a convié Vincent Boudon, directeur de recherche CNRS au Laboratoire Interdisciplinaire Carnot de Bourgogne à Dijon, ainsi que Stéphane Montchaud, président de l’association Ursa Major Astronomie.

Après une présentation du système solaire, les élèves ont pu poser leurs questions aux deux spécialistes. Ils ont ensuite admiré de véritables astrophotographies prêtées par l’association d’astronomie de Mailly-le-Château, mais aussi découvrir les œuvres de Wilfried Houplain, peintre.

Selon Maktouba Zerdouk, l’objectif d’un tel projet c’est, avant toute chose, de susciter de l’intérêt pour les sciences, de développer simultanément culture scientifique et esprit critique, en découvrant un domaine des sciences très riche historiquement et en constante évolution. C’est aussi le pari que l’éducation à l’image, envisagée en lettres, en histoire-géographie et en arts plastiques, peut tout aussi bien l’être en sciences par le biais de l’image d’astronomie. Un pari à relever, à son sens, si l’on veut tisser un lien entre les disciplines : c’est en créant ce lien entre domaine scientifique et domaine artistique que les savoirs prennent sens.

Une fois encore les élèves sont unanimes :

Nathanaël : "Cela m’impressionne, me fascine et m’apprend ce que l’univers cache. Je suis quelqu’un qui pose beaucoup de questions."

Lilou : "Oui moi j’aimerais refaire ça parce que on change d’endroit, on apprend des trucs et on est avec un professionnel."

Kénifé : "On apprend mieux les planètes, la physique et c’est bien pour nos connaissances personnelles."


Voir en ligne : rubrique Centre de Culture et de Connaissances du site du collège Denfert-Rochereau