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Street-art à la campagne : les écoliers de Gilly-sur-Loire taguent les murs !

mardi 3 juillet 2018, par Annabelle Renoud

La classe de CP-CE1-CE2 de l’école primaire publique de Gilly-sur-Loire (Saône-et-Loire) s’est initiée aux techniques du street art avec l’artiste Isa Bordat. À partir de l’écriture de haïkus, les élèves ont réalisé des tags sur un mur mis à leur disposition par la mairie de cette commune rurale. Le projet a permis de donner un accès à une forme de culture urbaine aux élèves qui n’ont pas toujours l’occasion d’être confrontés à ce type d’art.

La proposition initiale de l’artiste Isa Bordat était que les élèves écrivent des haïkus qu’ils tagueraient sur des panneaux de bois fixés ensuite au mur. L’enseignant Julien Bretin a tout d’abord présenté le projet aux élèves en leur montrant des réalisations de l’artiste performeur Ben et du graffeur et tagueur et graffeur d’origine new-yorkaise JonOne, deux artistes qui ont en commun de travailler à partir de la lettre et du mot.

Chaque élève a écrit son propre prénom à la manière de JonOne. Parallèlement, les enfants ont lu et appris des haïkus sur les saisons et les animaux tirés d’un recueil intitulé Mon livre de Haïkus, à dire, à lire, et à inventer, de Janik Coat et Jean-Hugues Malineau (Albin Michel jeunesse, 2012).

Julien Bretin a proposé à la classe entière de créer collectivement quelques haïkus en classe entière à partir d’un animal, d’un lieu, d’une action, et même d’un état d’esprit ou d’un sentiment. L’écriture s’est effectuée par groupes de trois ou quatre élèves de niveau hétérogène.

En fin de séance, les productions ont été lues à voix haute afin que chacun puisse émettre des des propositions d’amélioration.

premiers échanges entre l’artiste et la classe

Lors de sa première venue dans la classe, Isa Bordat a présenté son travail personnel en privilégiant ses livres et ses installations. Des échanges oraux axés sur la typographie et la mise en espace ont mis en évidence des liens entre l’œuvre de l’artiste et le projet de la classe. Après cette présentation, ce fut au tour des élèves de lire leurs propres haïkus, qui ont fait l’objet d’un vote collectif afin de choisir ceux qui figureraient sur les panneaux devant l’école.

La phase de réalisation des tags a pu alors débuter, l’objectif de l’artiste étant d’initier les enfants à la technique du pochoir. Tout d’abord, un groupe d’élèves a fait la liste de toutes les lettres de l’alphabet dont ils auraient besoin pour écrire les haïkus. L’ensemble de la classe a pu alors s’entraîner au pochoir sur des feuilles de brouillon.

S’est ensuite posé le problème de la taille des lettres. Pour savoir combien de caractères pouvaient tenir sur un panneau, les élèves ont réalisé une maquette d’une taille identique à celui-ci afin d’y poser leur pochoir et de noircir les vides.

Les tagueurs en herbe ont pris conscience qu’il fallait tenir compte du blanc qui entoure le vide pour que les lettres ne soient pas trop espacées les unes des autres. Heureusement, ils ont pu constater que la taille des lettres leur permettrait de faire tenir le haïku sur la surface du panneau. La réalisation définitive des pochoirs en majuscules d’imprimerie a alors pu avoir lieu.

Pour que les élèves comprennent comment fonctionne un pochoir, les premières lettres ont été disposées sur un panneau noir afin que ce soit la partie évidée qui reçoive la couleur.

"Le papillon vole dans la nuit. Devant une étoile filante, il s’émerveille !"

Lors de la deuxième séance, les élèves ont écrit un premier haïku après s’être entrainés sur des feuilles A3. Ils pont utilisé des bombes de peinture et les pochoirs de lettres sur les trois panneaux blancs.

Lors des deux séances suivantes, les élèves ont fait des essais avec des gros pinceaux de plâtrerie-peinture avant d’écrire sur les panneaux "à la manière de Ben"...

En utilisant à nouveau bombes, pochoirs et découpages divers de morceaux de carton, ils ont réalisé quatre panneaux plus abstraits. Les panneaux ont été posés dans la rue pour expérimenter différents rythmes dans leur agencement. C’est en mai 2018 que les élèves ont choisi la disposition définitive de leur œuvre, qui a été installée grâce au concours des services techniques de la commune.

article proposé par Anne Roy, conseillère pédagogique en arts plastiques


Voir en ligne : site de l’artiste Isa Bordat