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Classe théâtre : les collégiens de Maurice Clavel jettent une bouteille à la mer

samedi 30 juin 2018, par Vanessa Gaillet

Le 5 juin 2018, les élèves de troisième de la Classe à Horaires Aménagés Théâtre du collège Maurice Clavel à Avallon se sont produits à Auxerre pour offrir au public une soirée consacrée au théâtre et au cirque. Adapté d’un roman de Valérie Zenatti, leur spectacle mis en scène par Elvire Ienciu conclut de manière convaincante trois années d’apprentissage dans le domaine du spectacle vivant.

Mardi 5 juin à 19h, sur la grande scène du théâtre d’Auxerre, les élèves de troisième de la Classe à Horaires Aménagés Théâtre du collège Maurice Clavel ont proposé une adaptation du roman de Valérie Zenatti, Une bouteille dans la mer de Gaza. Le matin même, ils ont joué devant des classes d’Auxerre et la classe cirque de Vermenton, qui proposait son spectacle de fin d’année en seconde partie de soirée.

Avant les représentations, les jeunes comédiens ont commencé par s’approprier le plateau. Ils avaient déjà joué au marché couvert d’Avallon, mais il leur a fallul découvrir un nouveau lieu et s’adapter à des conditions de représentation différentes, comme une véritable troupe qui part en tournée.

Les élèves ont repéré la disposition des coulisses et ont compris comment on passait de "jardin" en "cour". Certains cherchaient par où entrer, d’autres avaient déjà trouvé des solutions, d’autres encore ont eu un peu de mal à se repérer, mais ce repérage s’est accompli dans le calme et l’efficacité. Il est déjà certain que ces jeunes ont appris l’autonomie au service du groupe.

Elvire Ienciu, comédienne de la Compagnie Le Turlupin, a mis en scène le spectacle dans la perspective d’un travail professionnel sur le roman de Valérie Zenatti, l’objectif préalable étant de se confronter à la manière dont des collégiens reçoivent ce texte. Ce mardi matin, elle court de la régie au plateau pour revoir la manière dont la lumière structure l’espace. François-Julien Georges, professeur de lettres en charge de la classe HAT, passe d’un élève à l’autre en prodiguant posément ses derniers conseils. On installe les accessoires sur la scène, notamment le grand tissu qui figure le bord de la mer.

adapter un roman épistolaire pour la scène

Crédits : Vincent ChaussardL’argument de la pièce est expliqué dans le programme distribué au public :

"Elle s’appelle Tal. Elle vit à Jérusalem. Il s’appelle Naïm. Il vit dans la bande de Gaza. A la suite d’un attentat-suicide qui a lieu tout près de chez elle, Tal, parce qu’elle croit possible de construire la paix, décide de glisser dans une bouteille quelques feuillets de son journal intime accompagnés d’une lettre. Naïm découvre la bouteille. Une correspondance électronique s’engage alors entre la jeune fille israélienne et le garçon palestinien... "

À dix heures, la représentation commence devant un public composé d’un peu plus de cent cinquante collégiens.

La lumière sépare l’espace scénique en deux mondes : Jérusalem et la bande de Gaza. Les jeunes entrent en scène tour à tour, onze filles, cinq garçons, en déclarant : "Je m’appelle Tal" ou : "Je m’appelle Naïm". À les voir entrer en scène de manière décidée et énergique, adresser les mots au public, on mesure les progrès qui ont été accomplis durant ces trois années d’enseignement théâtral.

Elvire Ienciu a fait le choix d’un travail collectif et choral, les onze filles incarnant Tal, les cinq garçons Naïm. La difficulté était de mettre en scène un roman épistolaire dans lequel aucun passage ne permettait aux deux protagonistes de se rencontrer. Tantôt on entend la voix de celui ou celle qui écrit, tantôt la voix de celui ou celle qui reçoit. Pour Elvire Ienciu, cette distinction entre l’émission et la réception était très importante dans sa manière d’aborder le travail de jeu avec les élèves.

Le résultat est impressionnant. Le texte est porté avec clarté et conviction. L’occupation de l’espace est fluide. La musique originale de Stéphane Mulet donne une ambiance sonore en parfaite adéquation avec le propos. Les jeunes acteurs rendent l’histoire émouvante avec justesse. L’aspect choral donne une autre dimension à l’histoire, rendant multiples les voix israéliennes et palestiniennes .

Dans la salle, le public a été conquis devant l’implication des collégiens. Une très belle manière de clore trois années de travail en classe à horaires aménagés théâtre.

une éducation artistique et culturelle intense et complète

Les élèves impliqués dans ce dispositif qui a été inauguré en 2015 sont volontaires pour recevoir un enseignement dans le domaine du théâtre à raison de trois heures hebdomadaires. Cet enseignement comprend trois axes correspondant aux piliers de l’éducation artistique et culturelle : la pratique du jeu dramatique, la fréquentation de spectacles et d’artistes, l’acquisition d’une culture théâtrale. François-Julien Georges, enseignant titulaire d’une certification théâtre, anime les séances de pratique en partenariat avec un comédien ou metteur en scène professionnel.

En 2017-2018, les élèves de cinquième ont bénéficié des interventions du clown Adèll Nodé-Langlois et d’Alexandre Dumay tandis les élèves de quatrième ont travaillé sur Le Malade imaginaire de Molière avec Sylvain Paolini. Les élèves de troisième mis en scène par Elvire Ienciu en sont donc à leur troisième année de classe HAT. Par ailleurs, comme le conservatoire d’Avallon est la structure partenaire de ces classes, les collégiens ont la possibilité d’échanger sur leur pratique avec les élèves du conservatoire et leur professeur, Yves Prunier.

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article de Véronique Poinsot, enseignante missionnée en service éducatif au théâtre d’Auxerre

crédit photo : Vincent Chaussard


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