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Lycée Jacques Amyot - Auxerre : "La classe, l’œuvre ! - Masques et malédiction dans les musées d’Auxerre"

mardi 22 mai 2018, par Emmanuel Freund

Le 19 mai 2018, à Auxerre, dans le cadre de la Nuit des Musées, les élèves de la 1e 5 ES du lycée Jacques Amyot ont mis en scène et animé un parcours de découverte original qui a lancé leur public sur les traces de lieux et d’œuvres parfois méconnus. Grâce à un scénario et des prestations aussi horrifiques que bien coordonnées, les guides ont su transmettre à leurs visiteurs un grand frisson… pour les richesses artistiques des musées d’Auxerre.

S’inspirant d’une action analogue menée deux ans auparavant dans la salle gallo-romaine du musée Saint-Germain, Frédéric Gand, professeur d’histoire-géographie, a lancé cette initiative dès janvier 2018, en collaboration avec Delphine Lanneau, la directrice du musée Saint-Germain, où il exerce une mission en service éducatif. L’ensemble de l’action, qui avait pour but de valoriser les collections du musée tout en incitant les élèves à s’y intéresser, a été conduite en collaboration avec Christine Chanambeau, professeur de lettres.

L’ambition de départ était de se saisir du dispositif de médiation culturelle La classe, l’œuvre ! afin de présenter simultanément deux séries d’œuvres, l’une au musée Saint-Germain et l’autre au musée Leblanc Duvernoy. Après une visite initiale qui a déterminé le choix des contenus artistiques, l’idée d’un scénario combinant la découverte des deux sites est venue des élèves eux-mêmes. Une véritable "écriture à contraintes", puisqu’il s’agissait non seulement de prendre en compte les œuvres de deux lieux différents, mais également de s’inspirer du thème de la Nuit des musées, le "frisson", qui a induit la trame narrative de la malédiction.

un scénario original

Convoqué par le fantôme du propriétaire du musée Leblanc-Duvernoy, le public découvre des personnages énigmatiques : une magicienne évoquant un spectre à l’aide d’une pendule squelette Louis XVI dans le salon tendu de tapisseries, une fileuse apparaissant en chair et en os à partir d’un tableau "ténébriste" de Ribera...

Après cette première étape ancrée dans l’époque moderne, les élèves-guides invitent les spectateurs à remonter le temps et le dédale de rues qui les mènent à l’Abbaye Saint-Germain. Dans le cloître, on apprend que dès le Ve siècle un démon a tenté de détourner le saint de sa piété. Devant le tympan du transept nord de l’abbatiale, le savant Rémi est questionné par un disciple sur cette malédiction, puis le public est conduit dans l’avant-nef, sur une tombe carolingienne, et assiste à un dialogue entre deux femmes évoquant ce démon...

Finalement, la statue de Minerve, dans la salle gallo-romaine, délivre une partie de l’énigme. Un poème déclamé de la bouche de la déesse antique apprend que ce démon loge dans son égide.

La préparation du projet a mis en évidence une série d’objectifs, le premier d’entre eux étant d’engager les élèves, personnellement et collectivement, dans l’élaboration d’un travail commun nécessitant entraide et prise en compte d’autrui. Outre les compétences liées à l’expression orale et à l’expression théâtrale, la capacité de synthèse des élèves a également été sollicitée puisque chacun d’eux était chargé de produire un texte sur l’œuvre choisie à partir d’un petit dossier documentaire. La fréquentation des œuvres s’est enrichie d’un contact avec des univers nouveaux, professionnels et culturels, à travers la visite des musées et la rencontre avec son personnel. Le dernier objectif qui s’est heureusement révélé est celui d’une action citoyenne, les élèves ayant eu à cœur de représenter avec fierté le lycée, tout en valorisant le musée.

une dynamique qui opère

Même si le "work in progress" a suscité les résistances de quelques élèves, le déroulement de ce projet a mobilisé la majeure partie d’une classe de première sans facilités particulières. Dès le départ, l’enjeu a été de modifier les représentations par rapport à la culture des lycéens tout en les incitant à la prise de responsabilité et à l’autonomie. La constitution des groupes et les répétitions sur place ont permis à chacun de prendre une part active au projet en suscitant un esprit d’émulation et de responsabilité dans la classe. La communication autour de l’événement, qu’elle ait été assurée par le rectorat, la Ville d’Auxerre ou par les élèves eux-mêmes, a fait le reste…

Le bilan de cette action est très positif pour les parents qui ont répondu nombreux, pour les élèves, contents de leur prestation, et pour les enseignants, heureusement étonnés par les performances des uns et des autres. Le musée et sa directrice Delphine Lanneau se félicitent de cette opération et le lycée également.

Outre le personnel des musées, en particulier Pauline Mas, chargée de projet, et Yorick Eustache, responsable du musée Leblanc, l’équipe pédagogique tient à remercier Michel Siéper, proviseur du lycée Jacques Amyot, pour son soutien, ainsi que le président de la Société des amis des musées d’Auxerre (SAMA), Stéphane Bétremieux, qui a alloué une subvention au projet et récompensera les élèves le 14 juin prochain lors d’une remise de prix.

article proposé par Frédéric Gand, enseignant missionné en service éducatif à l’Abbaye Saint-Germain

crédit photos : K. Brunie - E. Freund - F. Gand

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