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Excellence des Métiers d’Art : résidence de Matthieu Cossé au lycée Vauban

mardi 17 avril 2018, par Vanessa Gaillet

Le lycée professionnel Vauban d’Auxerre accueille chaque année un artiste en résidence, dans le cadre du label Excellence Métiers d’Art. En 2017-2018, c’est Matthieu Cossé, artiste peintre et graveur, qui a résidé au lycée du 26 février au 9 mars et du 26 mars au 6 avril. L’alchimie s’est faite entre l’artiste, les enseignants et les élèves.

L’artiste, Matthieu Cossé, est arrivé au lycée avec ses recherches personnelles autour du portrait, représentation de l’extérieur d’une personne qui laisse apparaître quelque chose du paysage intérieur. Comment faire apparaître une figure ? À quel moment la distordre ? À quel moment se crée de l’étrangeté ? Telles sont les questions qui sont au cœur de sa démarche artistique.

Les professeurs d’enseignement social, Agnès Vautrin et Jean-Baptiste Niot, ont apporté le thème des migrants grâce à une collaboration avec la M.J.C. d’Auxerre. Les élèves ont rencontré Aziz, émigré du Congo, et Inga, qui vient, elle, de Géorgie. Ils ont été frappés par la dureté de leurs témoignages : Aziz, réfugié politique, a connu un destin terrible ; Inga a fui la mafia de son pays.

Agnès Vautrin souligne que cette rencontre et le travail qui a suivi ont modifié le regard des élèves sur les migrants. En effet, leurs réactions à ces témoignages ont nourri la création avec Matthieu Cossé sur la figure de l’autre, la guerre et la paix. Des dessins sont nés, naïfs ou élaborés selon la technique des élèves. Par ailleurs, Jean-Baptiste Niot a demandé à des élèves volontaires de réaliser une gravure afin de participer au trophée de la laïcité.

partenariat avec la Métairie Bruyère

Le Centre d’Arts graphiques de la Métairie Bruyère a été mis à contribution. D’une part, Denis Morana, de l’association Aux Quatre Vents de l’art, a proposé un atelier pour que les élèves pratiquent la gravure sur bois. Chaque élève a pu réaliser une estampe personnelle sur le thème des migrants. D’autre part, les élèves ont été accueillis à la Métairie pour voir comment se font la typographie traditionnelle et l’impression d’estampes. Leur œuvre collective a été encrée et imprimée et leur bannière tirée en digigraphie.

Les dix-huit élèves de la 1ère SPVL (Service de Proximité et de Vie Locale) ont joué le jeu de cette belle aventure et leur investissement a été salué par les adultes. Ils ont à la fois réfléchi au statut du migrant, plus généralement au thème de l’autre et produit beaucoup de dessins avec Matthieu Cossé tout en s’appropriant la technique de la gravure sur bois.

Le mercredi 28 mars, le professeur-documentaliste, Alain Kewes, accueillait au C.D.I. du lycée le vernissage de l’exposition.

On pouvait admirer les gravures réalisées par les élèves avec Denis Morana, ainsi que les quatre affiches qui sont visibles sur le site de l’Observatoire national de la laïcité. Par ailleurs les œuvres collectives étaient exposées : la bannière composée de nombreux dessins d’objets, de lieux familiers, de dessins évoquant la guerre et la paix. À partir de toutes les productions des élèves, Matthieu Cossé a réalisé un travail de découpage et de composition, qui confronte tous les tracés.

Enfin, la grande estampe trônait sur une table entre deux plaques de plexiglas. Elle est composée d’une œuvre collective de la classe de 1ère SPVL, de 150 par 70, imprimée en bleu indigo et d’un panneau de 45 par 70 réalisé par Matthieu Cossé.

une réflexion sur les valeurs de l’école

Lors du vernissage de l’exposition, Capucine Vigel, proviseur du lycée, s’est félicitée de cette belle aventure qui a permis un travail de fond sur les valeurs de l’école. Elle a promis que l’estampe collective trouverait une place visible et définitive dans le lycée.

Alain Kewes, initiateur de la collaboration avec la Métairie, a souligné que, si le rapport à l’art contemporain était difficile pour les élèves, la technique de la gravure, qui nécessite un geste lent, leur permettait de mieux comprendre l’art en y mettant les mains.

Enfin, Thomas Trembley, coordinateur des activités à la M.J.C. Auxerre-Saint-Pierre, a souligné combien les migrants avaient été heureux d’être écoutés et émus de voir leur destin inspirer des œuvres. Les travaux des élèves seront visibles à la M.J.C. fin mai (date à déterminer) dans le cadre d’une exposition.

article proposé par Véronique Poinsot, enseignante missionnée en service éducatif à la Métairie Bruyère


Voir en ligne : dispositif Excellence des Métiers d’Art

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