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Kintsugi : un atelier avec le plasticien Alain Michaud à l’école Jean Moulin de Mâcon

mardi 3 avril 2018, par Annabelle Renoud

Dans le cadre de l’appel à projets pour la mise en œuvre du Parcours d’éducation Artistique et Culturelle 2017-2018, les classes de CP, CP-CE1, CE1, et les élèves d’ULIS de l’école Jean Moulin de Mâcon ont eu le plaisir de participer à un atelier de pratique plastique mené par l’artiste peintre Alain Michaud.

Quatre séances d’une heure trente par classe avec l’artiste, le matériel, les déplacements : tout a été rendu possible grâce au soutien du rectorat de Dijon dans le cadre de l’appel à projets PEAC et des crédits Éducation Prioritaire-Quartier Politique de la Ville de Mâcon.

Marie-Paule Tak-Tak, Christelle Mougenot et Emmanuelle Berthier sont les enseignantes porteuses du projet, avec l’aide de Bénédicte Chavant, enseignante du dispositif Plus de Maitre Que de Classes, et le soutien de Jean-Charles Belleville, directeur de l’école.

Alain Michaud, artiste plasticien et auteur, est l’invité d’honneur de la cinquième Biennale d’art contemporain de la Ville de Mâcon, qui aura lieu du 1er au 20 mai 2018. Dans son œuvre plastique, littéraire et poétique, Alain Michaud explore la thématique des cicatrices et du temps. Une installation place Saint-Pierre, des toiles grands formats exposées, ainsi que des encres, permettront de découvrir son dernier projet artistique : "Kintsugi, traces dorées des temps". Alain Michaud est également l’auteur d’un recueil de haïkus illustrés par lui-même et intitulé Kintsugi, les cicatrices du temps.

accueillir des œuvres d’art à l’école

Avant la venue de l’artiste dans l’école, les élèves ont abordé la question de la définition de l’œuvre d’art a été abordée avec les enfants par la mise à disposition et la manipulation de nombreuses cartes postales montrant des reproductions. Les enfants ont pu échanger et réfléchir ensemble à partir de ces images en effectuant et en formulant des choix, en décrivant leur contenu, en les regroupant par thèmes et par domaines, et en découvrant que certaines n’étaient pas figuratives.

A chaque séance suivante, Alain Michaud est venu avec trois ou quatre de ses propres œuvres, toutes non-figuratives, choisies en fonction des situations proposées.

Chaque rencontre avec ces créations s’est faite d’abord de manière
sensible (regarder, ressentir, interpréter), puis de manière formelle (supports, matières, outils, couleurs). Les œuvres d’Alain Michaud permettent d’exercer
librement son imagination : certains y voient un paysage de ville, d’autres un paysage littoral, un passage secret ou un tunnel, un arbre ou un éclair, le feu ou un coucher de soleil... Certains n’y voient rien du tout : on est libre de ne pas interpréter. De même, les émotions ressenties sont diverses. Certains enfants parleront joie, d’autres évoqueront le calme, la tristesse ou l’inquiétude. D’autres encore ne verbaliseront aucun sentiment particulier.Là encore, on est libre de rester dans la simple contemplation.

Par quoi commence-t-il ? Comment c’est fait ? Pourquoi on ne voit pas tous la même chose dans ses tableaux ? Pour aider les élèves à comprendre sa démarche de création, Alain Michaud a répondu à leurs questions et a réalisé quelques essais : avec de l’encre et ses outils privilégiés (pinceaux, mais aussi éponges, écorces, bâtonnets, branches, planches de bois...), il leur a montré ses gestes sur le papier.

exercer sa créativité, développer sa sensibilité

A chaque visite de l’artiste, les élèves ont réalisé une ou deux compositions
plastiques. La première séance a permis de prendre contact avec les outils, identiques à ceux de l’artiste, avec les encres colorées et avec le support : un papier très glacé type imprimante photo qui met en valeur les transparences des encres.

La deuxième séance a permis de travailler sur un support plus grand, avec plus de choix de couleurs. L’artiste propose en fin de pratique d’utiliser un bâtonnet et de la
peinture blanche pour créer des incidents dans la composition : "traces, fractures,
cicatrices, chemins".

La séance suivante, les élèves ont travaillé à plusieurs sur un grand format de papier
Canson et seulement à l’encre noire. Le geste est privilégié : traces, empreintes,
griffures, taches... Comme Alain, une touche d’or à la fin !

A la dernière séance, chaque classe a travaillé en deux groupes. Dans un atelier, les
élèves manipulent les productions précédentes, et à l’aide de bandes de carton
choisissent ou non de recadrer leurs compositions. Dans l’autre atelier, ils réalisent une dernière production individuelle sur format long et étroit à l’encre noire uniquement : l’idée de composition apparait, mais pas facile de choisir de s’arrêter !

A la fin de chaque séance, les productions des élèves sont affichées. C’est le moment d’admirer l’ensemble, de dire ses impressions, de repérer des effets, d’exercer de nouveau son imaginaire en interprétant les univers créés.

prolongements

Avec leurs enseignantes, les élèves vont poursuivre leur approche de l’art abstrait en découvrant d’autres artistes : Pollock, Mathieu, Mannessier, Hartung. A partir de leurs productions, ils vont écrire des formes poétiques courtes comme le
haïku, puis réfléchir à la mise en valeur de leurs productions en vue de l’exposition qui aura lieu lors de la biennale.

L’exposition se tiendra au centre social Les Mille fenêtres à Mâcon. Les classes s’y
rendront et iront voir également l’installation d’Alain Michaud place Saint-Pierre ainsi
que l’exposition des œuvres d’Alain Michaud (toiles et encres sur papier), Romy Journiac (peinture et encres sur papier) et Pascal Lemoine (sculpture sur verre) à la Galerie Mary- Ann.

contacts

École élémentaire Jean Moulin de Mâcon

article proposé par Martine Dussauge, conseillère pédagogique en arts plastiques

crédits photos : M. Dussauge

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