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CASEAT au lycée Carnot : le dynamisme de l’enseignement théâtral à l’honneur

mardi 12 décembre 2017, par Benjamin Girault

Le 8 décembre 2017, au lycée Carnot à Dijon, a eu lieu la Commission Académique de Suivi des Enseignements et Activités de Théâtre (CASEAT). Les représentants de l’Éducation nationale et des institutions partenaires ont établi un état des lieux très positif de cet enseignement avant d’évoquer ses perspectives dans le cadre de l’éducation artistique et culturelle. La signature d’un nouveau PREAC théâtre a été suivie de la représentation d’une petite forme proposée par le Théâtre Dijon Bourgogne.

Sous la présidence de Frédérique Alexandre-Bailly, rectrice de l’académie de Dijon, la CASEAT a rassemblé les institutions partenaires : la DRAC Bourgogne-Franche-Comté, représentée par Pierre-Olivier Rousset, Canopé et l’ESPE représentés par leurs directeurs respectifs Laurent Tainturier et Elsa Lang-Ripert, ainsi que le Théâtre Dijon Bourgogne et la Minoterie, représentés respectivement par Benoît Lambert et Christian Duchange.

La réunion s’est tenue devant un public d’environ soixante-dix personnes, forces vives de l’enseignement du théâtre dans l’académie : représentants des structures culturelles, enseignants porteurs de projets, et quelques élèves eux-mêmes venus témoigner leur expérience de l’art dramatique en milieu scolaire.

une dynamique importante au profit des élèves

Madame la rectrice ouvre la commission en affirmant d’emblée que le théâtre était un levier à privilégier pour investir les trois piliers de l’éducation artistique et culturelle, une priorité réaffirmée par les ministères de l’éducation nationale et de la culture le 24 septembre dernier.

Elle souligne que huit collèges de l’Académie, y compris dans les secteurs ruraux éloignés, possèdent une classe à horaires aménagés théâtre avec un souci affirmé de "transmettre le virus" de l’expression théâtrale aux publics qui n’y viendraient pas naturellement. 6 de ces 8 collèges ont ouvert leurs classes HAT depuis 3 ans ou moins, ce qui témoigne de la dynamique de ce mouvement d’ouvertures. Aux côtés des 318 collégiens concernés par une classe HAT, 675 lycéens bénéficient d’une option théâtre et près de 4000 élèves fréquentent un atelier ou un club. Il y a également lieu de se féliciter d’une pratique de plus en plus développée en lycée professionnel, grâce, notamment, au dispositif lycéens et apprentis au spectacle vivant , qui touche cette année 27 classes. Il s’agit donc d’accéder à l’art pour l’art, et de ce qui a trait à la passion, ce qui est sans doute une des définitions de l’art théâtral.

Madame la rectrice revient sur le succès du spectacle La Devise de François Bégaudeau, mis en scène par Benoît Lambert. Elle met l’accent sur la "dynamique importante" générée par ces petites formes théâtrales qui permettent de toucher un large public lycéen en inscrivant la rencontre avec l’œuvre et sa représentation au sein même de leur emploi du temps. 6000 élèves avaient ainsi pu apprécier en 2015 La Devise. Dans le seul temps de la semaine du Jouer Partout, 2000 élèves ont été accueillis dans les différents spectacles proposés par le TDB notamment dans plusieurs lycées. 6000 élèves verront au sein de 20 lycées Inoxydables dont la première venait d’être présentée quelques jours plus tôt.

Prônant la multiplication des actions de formation, elle salue enfin la solidité du réseau de l’enseignement du théâtre

des perspectives d’avenir

Devant une diminution du nombre d’élèves en enseignement de spécialité qui, depuis 2009 rappelons-le, est réservé aux sections littéraires des lycées, avec qui plus est un phénomène de sectorisation, la rectrice évoque quelques solutions, souhaitant tout d’abord privilégier une logique de l’académie apprenante en faisant circuler l’information et l’expertise des enseignants. En outre, elle met en avant la nécessité de favoriser des projets passerelles sur la liaison troisième-seconde afin de prolonger au lycée la sensibilisation au théâtre amorcée auprès des collèges de secteur.

Frédérique Alexandre-Bailly a conclu en faisant l’éloge des vertus de l’art dramatique, qui permet un travail sur la lecture et sur la langue en établissant une correspondance entre le corps et l’esprit. Elle a appelé de ses vœux un développement accru des clubs et des ateliers théâtre pour contribuer à tendre progressivement vers le cent pour cent d’éducation artistique et culturelle au sein des établissements. La sensibilisation doit se faire depuis le plus jeune âge en favorisant la rencontre avec les artisans du théâtre, comédiens et metteurs en scène.

la CASEAT, un espace privilégié pour le suivi des activités théâtrales

Pierre-Olivier Rousset, directeur du pôle action culturelle et territoriale de la DRAC Bourgogne-Franche-Comté, tient à féliciter tout d’abord les partenaires qui sont de véritables points d’appui dans chacun des établissements, un véritable écosystème qui permet de développer un bon nombre de choses. La DRAC assure le suivi des activités théâtrales en privilégiant trois pôles : le patrimoine, la création et la diffusion, et l’éducation artistique et culturelle. Il réaffirme son souhait d’un "cent pour cent d’éducation artistique et culturelle". Selon lui, tout doit partir d’une impulsion collective menée à la fois par les collectivités et les acteurs de terrain, du côté de la Culture comme du de celui de l’Éducation. Il doit s’agir d’un véritable projet de société, une société critique, citoyenne et culturelle, un projet d’émancipation, d’ouverture sur le monde.

l’art n’est pas le privilège des artistes.

Benoît Lambert, directeur du Théâtre Dijon Bourgogne, se montre lui aussi plutôt optimiste quant au bilan de l’activité théâtrale sur le territoire. Il met l’accent sur cette manière nouvelle de pratiquer le théâtre qu’est l’itinérance. En effet, quatre spectacles ont été proposés dans trois lycées lors de cette semaine du Jouer Partout ce qui permet de questionner la notion de l’itinérance et du lien avec la jeunesse (la diversité, l’égalité homme/femme).

Le directeur du TDB pointe l’importance des pôles de ressources pour l’éducation artistique et culturelle (PRÉAC) en soulignant que chaque enseignant peut y trouver des aides, un dialogue et une multitude d’informations. En effet, si, l’art, tout comme sa pratique, n’est pas l’apanage des artistes, la tâche de l’éducation revient bien aux éducateurs. De fait, le travail effectué en éducation artistique et culturelle doit se faire en collaboration entre un enseignant et un artiste dans une perspective d’avenir. Il insiste enfin sur la nécessité de mener des projets uniques et originaux.

le théâtre, un décentrement intime.

Célia Alexander, IA-IPR de lettres en charge de la mission académique théâtre, partage la vision positive de Benoît Lambert. Selon elle, le théâtre correspond à une vraie demande des élèves mais aussi des parents. C’est un art qui demande une grande confiance, un espace de liberté dans lequel pourtant on est hors cadre, un décentrement intime.

Mme Alexander affirme également son vœu de voir se tisser une véritable continuité théâtrale entre l’école élémentaire, le collège et le lycée en faisant briller l’expertise des enseignants et ce, dès le plus jeune âge. L’inspectrice de lettres insiste enfin sur le travail de lecteur qu’implique le théâtre. Il s’agit selon elle d’un outil magnifique en termes d’interprétation. Il s’agit selon elle de faire vivre le théâtre, de le faire bouger.

Une enquête sur la pratique théâtrale menée auprès des établissements montre un véritable investissement des enseignants. Bon nombre d’ateliers ou de clubs fleurissent dans l’académie qui concerne 4000 élèves. Cependant, Eric Gady, délégué académique à l’éducation artistique et à l’action culturelle, souligne que 40% des collèges et lycées n’offrent pas à ce jour à leur élèves une quelconque proposition théâtrale à leurs élèves. La marge de manœuvre est donc encore assez large pour atteindre l’objectif fixé par les deux ministères de 100 % d’élèves concernés par l’éducation artistique et culturelle. Il fait remarquer toutefois le grand nombre de scolaires de l’académie qui, chaque année, vont au théâtre avec leur professeur, soit environ 70 000 (soit près d’une élève sur 4), ce qui est plutôt encourageant.

des projets innovants mis à l’honneur

Enfin, cette commission est l’occasion de mettre l’accent sur des projets théâtraux innovants menés dans l’académie. Parrainé par Robin Renucci, "Rendez-vous tréteaux" qui permet à différents ateliers ou clubs théâtre de partager leurs expériences théâtrales. La troisième édition de ce festival aura lieu à Auxonne le 24 mai 2018. Le projet "Eloquentia", du collège Victor Hugo à Lugny en Saône-et-Loire, met à l’honneur la langue latine et expérimente le théâtre itinérant. "Passerelle théâtre", au lycée Hilaire de Chardonnet à Chalon-sur-Saône, a pour vocation de tisser des liens entre les pratiques théâtrales au collège et au lycée. Le projet "Les théâtrales de la réussite", dans la Nièvre, tente de valoriser les pratiques théâtrales en lycée professionnel, tout comme l’option expérimentale de théâtre créée au lycée professionnel Saint Germain à Auxerre. Autant de projets qui donneront lieu à différentes valorisations dans les semaines ou les mois à venir.

Cette commission a été suivie l’après-midi par une petite forme présentée devant les élèves du lycée Carnot : une représentation de Bienvenue dans l’espèce humaine, écrite et mise en scène par Benoît Lambert, dans le cadre du temps fort "Petites Formes à Jouer Partout" organisé par le Théâtre National de Dijon.

- dossier de présentation et fiche pédagogique disponibles sur le site du TDB