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Parcours artistique et culturel : une résidence d’artistes au collège de Mirebeau-sur-Bèze

mercredi 29 novembre 2017, par Benjamin Girault

Pendant trois semaines échelonnées de mars à mai 2017, le collège Arthur Rimbaud s’est transformé en un véritable théâtre, grâce à un fort partenariat entre l’établissement, la DRAC Bourgogne Franche Comté, le Conseil Départemental de Côte d’Or, le PETR Val de Saône Vingeanne, la Minoterie et l’Académie de Dijon. Animée par un trio d’intervenants du spectacle vivant, la résidence impulsée par la Minoterie a associé pratique artistique et réflexion philosophique pour toucher un large public. S’inscrivant pleinement dans le parcours EAC des élèves, ce projet a rayonné largement au sein de l’établissement et au-delà. Une réponse au défi du 100% d’élèves touchés par l’EAC.

Cette année, c’est l’établissement de Mirebeau-sur-Bèze qui a été choisi pour accueillir la résidence d’artistes mise en place annuellement par La Minoterie de Dijon sur un territoire de l’académie. Marion Chobert, metteur en scène et porteuse du projet (compagnie Esquimots), Lucile Beaune, marionnettiste(compagnie Index), et Vincent Régnard, jongleur (compagnie Manie), ont décidé de travailler ensemble autour de la question du bien et du mal.

Les trois artistes, tous membres du Groupe de Recherche et d’Entraide artistique (GRE), a proposé quatre cycles d’ateliers à quatre classes du collège, de la sixième à la troisième. La classe de sixième a travaillé autour du cirque, les cinquièmes sur l’art de la marionnette et les troisièmes sur l’art théâtral. La classe de quatrième, quant à elle, a bénéficié d’un parcours starter autour de la création de Lucile Beaune "Face au mur". Fanny Verrax, docteur en philosophie a quant à elle initié les élèves de quatrième à sa matière dans une optique interdisciplinaire (comment associer la philosophie et les arts de la scène ?).

Pour rassembler les élèves et fédérer les domaines artistiques autour de la thématique choisie, le trio d’artistes a inventé un vecteur commun sous les traits de Jack, une marionnette représentant un jeune garçon qui a mal agi.

un impact pédagogique fort pour élèves comme pour les professeurs

L’équipe enseignante est unanime : cette résidence a eu des répercussions très positives non seulement pour les élèves, mais également sur leur enseignement et sur leur pratique éducative.

Olivier Ensenat, professeur de lettres modernes en charge du projet starter avec les quatrièmes, a mené des ateliers d’écriture autour de la marionnette de Jack. Ses élèves étaient particulièrement investis parce que ce travail était lié à la réalisation d’un projet collectif autour d’un objectif fédérateur. Pour certains élèves de la classe, confie l’enseignant, cette communion avait même quelque chose de magique, comme un moment merveilleux auquel on les invitait à accéder. Oliver Ensenat observe également que ce type de projets, qui s’inscrit totalement dans la mission d’enrichissement culturel et artistique de l’enfant, a modifié favorablement le climat de la classe tout en préservant l’autorité du professeur.

Valérie Marcus, professeur d’EPS de la classe de sixième, fait un constat analogue dans le cadre de sa discipline. Grâce au circassien Vincent Régnard, elle affirme avoir pris conscience qu’il était tout à fait possible de lâcher prise pendant un cours tout en conservant le sérieux de la séance et ses enjeux pédagogiques et didactiques.

- teaser sur la résidence d’artiste menée dans l’établissement (novembre 2017) :

Fabienne Hebmann, professeur de lettres modernes de la classe de troisième, souligne les incidences très positives qu’a eues la présence de la metteuse en scène Marion Chobert dans la conduite de la séquence sur le théâtre consacrée à Antigone. On perçoit ainsi la cohérence qui se tisse entre un parcours artistique et culturel et les programmes disciplinaires.

Enfin, comme le rappelle Carole Poniewiera, principale du collège Arthur Rimbaud de Mirebeau-sur-Bèze, chaque équipe éducative a le devoir d’ouvrir au maximum l’esprit des élèves, qui sont les futurs citoyens de demain, à ce qui se passe autour d’eux, à éveiller leur esprit critique, visuel, auditif mais aussi philosophique.

Vers le "100 % artistique et culturel"

Au-delà des retombées pédagogiques sur les élèves directement concernés, cette résidence d’artistes présente des caractéristiques et des développements qui en font un exemple fertile et inspirant.

Tout d’abord, l’ensemble du projet s’appuie véritablement sur les trois piliers de l’éducation artistique et culturelle. Les élèves ont découvert trois artisans du spectacle vivant avec qui ils ont échangé et travaillé. Ils ont fréquenté leurs œuvres en se rendant par exemple à la Minoterie de Dijon pour voir des représentations ou assister à des répétitions. Par ailleurs, ils ont été initiés à différentes techniques d’expression artistique (théâtre, marionnette, cirque) tout en réfléchissant à leur pratique et en s’intégrant à un processus collectif. Enfin, ils se sont indubitablement approprié un certain nombre de connaissances relatives à différents domaines qu’ils pourront réinvestir par la suite.

En outre, au-delà des quatre classes impliquées, les artistes ont investi le collège pour toucher un plus vaste public. Dès janvier 2017, ils sont allés à la rencontre de toutes les classes afin de se présenter et d’expliquer leur action au sein de l’établissement dans les semaines à suivre. L’exposé de leurs métiers du spectacle a permis d’enrichir le parcours avenir des élèves. Par la suite, le circassien Vincent Régnard a proposé des ateliers de jonglage, accessibles à tous pendant les récréations.

Enfin, la restitution du projet qui a eu lieu le vendredi 2 juin en matinée, dans le collège, s’est déroulée devant d’autres élèves que ceux impliqués dans les parcours. Tout comme la marionnette Jack, mascotte très rapidement connue de tous, les trois artistes ont rapidement fait partie du quotidien des élèves.

- reportage complet sur la résidence :

En définitive, ce sont bien cent pour cent des élèves investis dans une action éducative, artistique et culturelle, qui ont été touchés par la résidence. Ce qui est, faut-il le rappeler, l’ambition affirmée des ministères de la Culture et de l’éducation nationale pour les deux prochaines années.

un rayonnement au-delà des frontières du collège

Cette expérience est novatrice dans la mesure où, comme le souligne Benoît Oudet, chargé des projets d’éducation artistique et culturelle au Conseil départemental de Côte-d’Or, la pluralité des intervenants sur une période longue permet aux élèves d’avoir une approche protéiforme de la culture et de l’acte artistique, dans des domaines aussi variés que le théâtre, la marionnette et le cirque.

En outre, la résidence a en quelque sorte constitué la préfiguration d’un Contrat local d’éducation artistique associé au dispositif déjà mis en place qu’est le parcours starter. L’entreprise était d’autant plus innovante qu’elle s’est faite sur un territoire.

Samuel Lamy, chargé de l’action culturelle au PETR Val de Saône, explique comment le territoire a su s’emparer du projet pour le faire vivre au-delà de l’établissement scolaire. Le territoire a en effet associé les associations locales mais aussi l’Office de la culture. Des enfants de la commune, inscrits au dispositif "accueil jeunes", ont pu ainsi profiter d’ateliers avec les artistes pendant les vacances de février et découvrir un univers parfois éloigné de leur quotidien.

Par ces retombées sur ses différents protagonistes et par les liens qu’elle a générées, une telle expérience innovante ne peut qu’inspirer à des différents acteurs l’envie et la volonté de reconduire des projets analogues.

vidéos réalisées par Johann Michalczak.