search

Accueil > Volet culturel et parcours EAC > archives > 2016-2017 > Au collège de Joigny, les élèves allophones filment leurs "frontières"

Au collège de Joigny, les élèves allophones filment leurs "frontières"

samedi 24 juin 2017, par Laurence Rauline

Au collège Marie Noël, les élèves allophones de l’UPE2A ont travaillé avec leur enseignante de français sur le thème "frontière(s)" proposé par le jury du Festival du court-métrage scolaire de l’Yonne. Ce thème s’imposait pour ces élèves touchés qui ont traversé de nombreuses frontières, géographiques et personnelles, pour arriver jusqu’en France, avec pour bagages des histoires et des projets personnels parfois complexes.

Les élèves ont travaillé sur ce projet dès le mois de septembre. Beaucoup d’entre eux venaient d’arriver en France et n’ont pas forcément compris l’ampleur et la nature du travail demandé. Ils ont pu visionner quelques courts-métrages d’animation des saisons précédentes du Festival.

Très vite, il leur a été proposé de faire leur propre court-métrage d’animation, en s’appuyant sur leur histoire personnelle. Le choix du film d’animation était plus simple pour des élèves qui ne maîtrisaient pas encore suffisamment le français et surtout parce que les élèves arrivent et repartent tout au long de l’année. Le groupe de septembre, constitué de huit élèves, n’avait plus rien à voir avec le groupe en mai, qui en comprenait vingt-neuf.

autobiographie animée

Pour aborder et comprendre la notion d’autobiographie, les élèves ont travaillé sur un article du magazine d’information 1 Jour 1 Actu qui portait sur une fratrie de garçons syriens.

- télécharger le file_download support pédagogique

L’enseignante a ensuite demandé aux élèves d’écrire leur histoire puisqu’ils ont tous traversé une ou des frontières. Les textes étaient guidés par les questions suivantes : D’où viens-tu ? Quand es-tu arrivé en France ? Pourquoi as-tu quitté ton pays ? Comment es-tu venu en France ? Avec qui ? Quelles ont été tes émotions dans ton pays, pendant le voyage, à ton arrivée en France et maintenant ? Quelle(s) frontière(s) as-tu traversée(s) ? Ce travail a pris beaucoup de temps et a suscité beaucoup d’émotions. Guidés de façon individuelle, les élèves se sont livrés et ont accordé leur confiance.

À l’issue de cette phase de rédaction, il était clair que choisir une histoire plutôt qu’une autre parmi ces textes était impossible. Tous ont donc choisi de conserver leurs récits de façon anonyme et de s’en inspirer pour créer une fiction commune. Le groupe a ainsi créé un personnage (prénom, âge, nationalité, famille, loisirs), puis la raison de la fuite de son pays, la fuite et les émotions et enfin l’arrivée en France.

Je m’appelle Wahid… ou l’histoire d’un jeune Afghan

Ensuite est venu le moment de créer le personnage principal. La pâte à modeler s’est imposée. Plusieurs élèves ont fabriqué des modèles pendant les vacances de Noël et la classe a choisi le personnage du court métrage. En parallèle, un travail de documentation a permis d’étudier ce qui représentait le pays choisi : l’Afghanistan.

L’écriture du storyboard a alors pu commencer. L’histoire étant divisée en quatre parties, quatre groupes ont été constitués. Dès que le storyboard a été validé, les élèves sont passés à la fabrication du film d’animation. En parallèle chaque groupe a écrit le script de la voix off.

En mars, le tournage a commencé avec une caméra stop motion HUE. La responsabilité de la prise de photos a incombé à un élève particulièrement précis et méticuleux, qui devait valider le positionnement du décor et des personnages avant de prendre les clichés. Comme il se sentait responsable du rendu des images, c’est également à lui qu’a été délégué le montage, qui a été réalisé avec le logiciel FinaoCutPro. En parallèle, Un autre élève guidait l’équipe de tournage en suivant le story-board. Plusieurs élèves avaient la responsabilité d’un élément de la scène (mouvement des personnages, cerf-volant…)

Pour la voix off, le choix qui s’est imposé à tout le groupe est celui du seul Afghan de la classe. A l’issue de quelques répétitions, il a fallu tout improviser car le script de la voix off préalablement écrit s’est avéré beaucoup trop long par rapport à l’enchaînement des images. L’élève narrateur a été guidé par une de ses camarades qui avait pour rôle de valider ou non l’intention exprimée et de donner des conseils pour bien traduire les émotions.

restitution au cinéma d’Auxerre

Les élèves ont été sélectionnés pour que leur film soit projeté au Festival du court-métrage scolaire de l’Yonne. Quand ils l’ont appris, ils ont été euphoriques. Pour eux, ils avaient déjà gagné. Le jour J, il y a eu beaucoup d’émotions, de joie et de trac, en particulier lorsqu’il a fallu parler du film devant le public.

Tous sont très fiers de ce qu’ils ont accompli.

Je m’appelle Wahid, leur court-métrage, a obtenu le « prix coup de cœur » du jury.

contact

Isabelle Courtinade, professeur de français, coordonnatrice du projet isabelle.ferrand@ac-dijon.fr

Galerie