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Création en cours

lundi 5 juin 2017, par Éric Gady

Initié en 2016-2017 dans la dynamique des Assises de la Jeune Création, Création en cours est un dispositif national de résidences de jeunes artistes piloté par les Ateliers Médicis, avec le soutien du ministère de la Culture et de la Communication et en coopération avec le ministère de l’Éducation nationale, de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche. Ce nouveau dispositif a pour but, dans le cadre du PEAC, de renforcer l’éducation à l’art et par l’art.

Création en cours est un dispositif destiné avant tout au premier degré tout en ouvrant la possibilité d’une liaison école-collège. Il donne la possibilité à une école choisie pour son éloignement des ressources culturelles de bénéficier chaque année d’une résidence d’artistes.

Les intervenants sont de jeunes artistes sélectionnés sur candidature et envoyés en résidence dans les écoles qui leur ont été attribuées. Très conséquent, le temps de la résidence permet aux élèves de voir les artistes au travail et en situation de recherche au sein même de leur école. Une coopération est bien sûr entreprise avec les élèves et une restitution a lieu en fin de projet pour présenter les travaux accomplis. Ce dispositif est renouvelé en 2017-2018.

les résidences dans l’académie de Dijon

- Côte-d’Or : Fanny Durand à l’école de Labergement-les-Seurre

Le projet "Amazones" s’inscrit dans le champ des arts plastiques et plus précisément dans celui du dessin, de l’installation et de la sculpture. A partir de la mythologique grecque, il permettra un dialogue avec les élèves autour des notions de mythe et de réalité, de féminin et de masculin, d’histoire et de guerre. La légende des Amazones, femmes guerrières, se retrouve tout au long de l’Antiquité, autant dans la littérature et l’art monumental que dans la céramique la plus ordinaire ; ainsi elle forme un thème majeur de l’art antique.

Cette recherche artistique prendra source dans l’étude des représentations antiques des Amazones et plus particulièrement dans l’analyse de leurs attributs guerriers. Pourront émerger par la suite différentes formes plastiques telles que des tapisseries, des objets brodés, des fresques textiles, des dessins muraux... La résidence sera envisagée au sein de l’école comme un échange quotidien avec les élèves, les enseignants, et les personnels, mais aussi comme un projet global d’enseignement : lecture du mythe, approche historique de la civilisation grecque, pratique artistique (workshop) sur le thème des attributs des amazones, temps de discussion réguliers sur les thèmes liés au projet (comment crée-t-on une œuvre ?, approches des études du genre, les guerrières aujourd’hui...), mise en place d’outils de médiation pour le temps de restitution.

- Nièvre  : Mathilde Delahaye à l’école de Brinon-sur-Beuvron

Ce projet de théâtre mené par une metteur en scène et un scénographe-plasticien croise donc, dans sa préparation avec les élèves, l’art plastique et la scénographie. Le projet est fortement lié à l’identité du territoire d’intervention et propose de transmettre aux élèves les recherches et la préparation d’un spectacle-paysage, c’est-à-dire un spectacle de théâtre joué dans un lieu extérieur et atypique (qu’il soit monument historique, site architectural lié à l’histoire locale, paysage urbain ou péri-urbain…).

La résidence du metteur en scène et du scénographe plasticien au sein de l’école sur une durée d’un mois aura pour objectifs : la découverte et l’appréhension du lieu choisi d’une part ; la préparation et l’étude d’un texte théâtral choisi pour être joué sur le site, d’autre part.

L’enjeu de la transmission auprès des élèves, sous forme d’interventions et d’ateliers bi-hebdomadaires, s’articulera autour de ces deux objectifs, au rythme de recherche des artistes sur place, et sera donc de deux ordres : apprendre et comprendre les caractéristiques et l’histoire d’un lieu sur son territoire par différents media d’expression (enquêtes, dessins, écritures, photographie…) ; et aborder ludiquement une pièce de théâtre, par la lecture et le jeu théâtral. Enfin les élèves pourront, avec les artistes, mettre en perspective le lieu étudié et le texte afférent, pour tisser les grandes lignes du spectacle-paysage

- Saône-et-Loire  : Thomas Demay à l’école de Simard

L’homme de la rue, pensé pour deux danseurs et deux batteurs, se jouera au milieu même d’une rue avec le public disposé en face à face en bi-frontal. Ce nouveau projet s’inspire de "l’effet quidamus", mettant en jeu un individu qui entraînera ses trois partenaires dans une succession d’actions, de gestes et de sons.

Cette pièce évoluera de causes à effets. Comment chaque individu en vient peu à peu au groupe ? Inspirés par des situations de la vie urbaine, les musiciens et les danseurs feront corps, évolueront vers un lâcher prise collectif ; un retour au son et au mouvement pour le plaisir de jouer. La résidence sera axée sur la danse en extérieur en lien avec la création L’homme de la rue avec des temps de recherche personnels autour du thème de "l’effet quidamus", et des temps de mise en pratique et de recherche avec les élèves.

- Yonne : Antoine Prud’homme de la Boussinière et Simon Rembado à l’école d’Ancy-le-Franc

L’objet créé aura pour but de mettre en jeu les logiques individuelles et collectives qui s’enclenchent dans un environnement dominé par la peur et d’interroger la place de l’enfant dans ces sociétés. L’Histoire livre de nombreux témoignages de communautés qui se sont auto-digérées sous l’effet de la peur. Dans ces communautés (plus ou moins grandes : de la famille à une nation), il en faut peu pour que ce soit la peur qui fasse la loi. Aujourd’hui même, en ces temps où "terrorisme" est devenu un mot courant du vocabulaire, elle règne. Dès lors, les liens entre êtres humains se désolidarisent, et l’on en vient aisément à avoir peur de son voisin. Ou plus exactement, à l’accuser lui, de notre peur à nous.

Chaque période a ainsi ses mots qui cristallisent la peur : sorcière, communiste, terroriste... Autant de mots-sanctions, qui ont un pouvoir performatif surprenant : aussitôt prononcés, ils condamnent. Ce projet multidisciplinaire mêle sciences humaines, théâtre et documentaire. Il s’agira donc de recherche, d’écriture, puis de mise en scène. Le travail avec les élèves est une version "simplifiée" de ce que les artistes travailleront en répétitions, entre professionnels. Il en est le premier pan.

pour en savoir plus

- la présentation du dispositif sur le site Eduscol ;

- le dossier de presse Création en cours.


Voir en ligne : création en cours - accès au site