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Rubrique Formations

Stage PREAC - Les TICE et le patrimoine bourguignon

Le 8 mars 2017 - Éric Gady

Les 30 et 31 janvier 2017, dans le cadre du PREAC Patrimoine archéologique, une trentaine de formateurs enseignants et de médiateurs culturels ont échangé à l’abbaye de Cluny ainsi qu’au musée de Bibracte sur le thème des TICE et du patrimoine bourguignon. Deux journées riches de partages et de découvertes de pratiques qui ont fait leurs preuves auprès des élèves, à généraliser et à diffuser largement dans nos établissements. Compte-rendu de quelques unes des présentations.

Au cœur de la médiation patrimoniale et de nos programmes, les technologies de l’information et de la communication (TICE) sont aujourd’hui bien implantées. Le numérique, qui constitue un outil dynamique dans l’éducation au patrimoine pour les élèves du primaire comme du secondaire, apparaît désormais comme l’horizon indépassable de toute structuration muséographique.

Conscient de ces enjeux et soucieux de lier la communauté éducative et les diverses structures patrimoniales, les partenaires du PREAC (DRAC, DAAC, réseau Canopé) ont organisé une formation les 30 et 31 janvier 2017 afin de questionner le rôle du numérique dans les pratiques EAC autour du patrimoine. Accueillis dans deux sites patrimoniaux bourguignons de rayonnement national et international, les stagiaires ont pu découvrir ou redécouvrir les pratiques numériques propres à ces différentes structures.

première journée à l’abbaye de Cluny

La première intervention de Patrice Fraysse a permis de poser le cadre réflexif sur la notion de médiation numérique. Les nouveaux outils (images 3D, réalité dite augmentée...) foisonnent dans les structures muséales et patrimoniales et sont de plus en plus considérés comme la condition sine qua non de toute présentation. Il y a pourtant une fausse évidence du terme et des pratiques inhérentes. L’immédiateté apparente est bien souvent un leurre. A l’instar de Michel Foucault, il convient de chercher ’’le dit et le non dit’’ de cette notion, de ce schéma heuristique contemporain, qui tend à s’imposer à tous les acteurs comme une évidence sous différents qualificatifs (dispositifs, médiation documentaire, médiations innovantes).

Le conférencier a souligné les interrogations multiples qui portent ’’sur les pratiques des usagers, des visiteurs de musées ; sur le brouillage des frontières entre numérisation et accès aux collections ; le regard porté sur le patrimoine réel en lien ou en opposition à ce nouveau patrimoine numérique. Questionnements multiples sur les notions de transmission/valorisation, appropriation/partage.
Cette présentation ouvre donc la voie à un usage réfléchi, non dénué d’un esprit critique, fondement même de tout enseignement.

- à lire en ligne La médiation numérique du patrimoine : quels savoirs au musée ?

Guillaume Capou, conseiller académique patrimoine, a présenté dans une intervention synthétique les outils numériques à disposition des enseignants. L’usage du terme numérique n’est pas une nouveauté. Les archives de Saône-et-Loire ont ainsi numérisé d’une manière précoce les fiches pédagogiques, qui existaient sous format papier, mais ont généralisé l’usage par la mise en ligne d’un ensemble de ressources.

Le potentiel des bases de données, encore sous-exploité pédagogiquement, se développe progressivement et peut répondre à des démarches pédagogiques comme la classe inversée. Des pratiques de travail en tâches complexes peuvent par ailleurs se substituer à un usage "fléché" des ressources numériques pour favoriser l’individualisation de l’apprentissage du numérique. La place du web participatif dans la relation entre les musées et le public peut devenir l’objet d’une réflexion pédagogique.

Anne Pasquet, animatrice de l’architecture et du Patrimoine à Autun, est revenue sur le parcours de médiation mis en place au Muséum d’histoire naturelle de la ville, via un robot. Ce dernier ne se substitue pas aux guides et autres médiateurs traditionnels : l’équipe s’est ainsi refusée à la moindre personnification. Il ne peut être qu’une interface entre le/les visiteurs et le muséum. De nombreux projets ont ainsi été menés :
- La classe de Seconde Sciences et patrimoine du Lycée Bonaparte a présenté la ressource minière locale (la fluorine) à une classe du lycée français du Cambodge ;
- Un travail avec des enfants hospitalisés, des personnes âgées du centre de médecine physique et de réadaptation de Mardor a permis de mettre en place des visites à distance et des ateliers, adaptés à leur pathologie.

Le robot reste cependant peu mobile et est limité aux structures. Élargir son usage à d’autres espaces de la ville semble impossible. La ville d’Autun se rapproche cependant de l’université de Grenoble pour mettre en place un pilotage oculaire à distance.

En début d’après-midi, la visite de l’abbaye de Cluny a bien sûr été centrée sur les outils numériques utilisés dans le cadre de la médiation.

Les Fab lab se multiplient aujourd’hui dans toute la France. Les possibilités offertes constituent une possibilité de découverte importantes pour nos élèves.

Milena Secher, adjointe au Pays d’Art et d’histoire de l’Auxois-Morvan et Priscilla Verjat, enseignante missionnée, ont présenté un projet mené avec une classe de Seconde du lycée Anna Judic à Semur-en-Auxois. Au croisement des disciplines lettres et histoire, il s’agissait de sensibiliser au patrimoine local, de rendre les élèves acteurs de leurs découvertes et de les initier au travail de recherche et de médiation. Deux groupes ont ainsi réalisé des visites-jeux du château de Bussy-Rabutin, par le biais de l’application Guidigo autour de deux thématiques :
- le château raconté par le comte en personne (aménagements, pourquoi, comment) ;
- les femmes racontent le Comte Bussy-Rabutin.

Le principe de la médiation menée par les élèves est porteur et dépasse le simple cadre de la classe. L’élève devient par son travail l’agent de promotion de l’histoire locale et un prescripteur dans le cadre familial. Culture scolaire et ouverture sur l’espace proche se rejoignent au service d’un patrimoine qui n’est pas un simple prétexte.

seconde journée au musée de Bibracte

Le mardi 31 janvier, les stagiaires ont été accueillis le matin au musée de Bibracte.

Rénové en 2013, la muséographie intègre deux dispositifs de médiation innovants faisant appel aux technologies numériques, qui ont été présentés par Laïla Ayache, conservatrice, et Chiara Martini, archéologue chargée des actions éducatives.

A l’étage supérieur du musée, la maquette en relief du Mont Beuvray propose une découverte synthétique du site. Une projection numérique verticale vient animer la maquette, apportant des vues aériennes actuelles et des restitutions en 3D des bâtiments antiques pour mieux comprendre la disposition des lieux. L’écran arrière permet la projection d’informations complémentaires. Le tout est accompagné d’un commentaire audio.

Au rez-de-chaussée du musée, le visiteur peut se déplacer sur le plan du site archéologique de 5 x 4 m. Par le biais de tablettes tactiles, cette déambulation se transforme en visite virtuelle. Les visiteurs peuvent en particulier accéder aux archives produites par les archéologues sur une quarantaine de secteurs remarquables du site. Il suffit de pointer sa tablette sur l’un des espaces du plan au sol et les documents, relevés, photos et reconstitutions apparaissent.

Françoise Beaudoin, enseignante missionnée au musée de Bibracte, a présenté les apports du logiciel Tactileo-map. Des scenarii téléchargeables par le public seront prochainement proposés sur le site internet de Bibracte, afin de réaliser des sorties en autonomie partielle ou totale avec des balises géo-référencées. Ces balises permettent en effet d’orienter le travail des élèves par des questions, d’associer des documents variés.

La création du scénario peut être effectuée en amont par l’enseignant, puis téléchargée sur des tablettes et utilisée sans connexion Internet.

Deux modes de fonctionnement sont proposés :
- un mode libre. Les élèves se déplacent et sont autonomes vis-vis de la prise d’informations par rapport à des explications d’un guide ou d’un enseignant. Les éléments collectés sont géo-référencés tout au long du parcours ;
- un mode scénario. Les élèves se déplacent pour arriver aux balises qui contiennent les instructions et les documents d’aide. Chaque balise leur permet d’avancer dans leur raisonnement.

Un exemple concret a été mis en place autour des sources de l’Yonne. Les élèves découvrent la biodiversité florale, la diversité des paysages, des milieux et réalisent un herbier numérique.

Valérie Perreaut, animatrice TICE, et Philippe Thémiot, conseiller arts visuels (DSDEN58), ont présenté des expériences menées dans le cadre de trois écoles primaires. Les élèves, respectivement de grande section de maternelle et de cours moyen, ont réalisé avec leur professeur des livres multimédias.

A l’académie François Bourdon, le pavillon de l’industrie présente sa collection dans un espace totalement rénové qui fait appel au numérique. Yves Rebouillat, professeur missionné auprès de l’académie François Bourdon, a présenté l’exposition permanente. Chaque visiteur dispose de sa propre tablette interactive où est racontée, sous forme de dialogues, l’aventure industrielle d’hier et d’aujourd’hui. La visite débute par l’exploration de deux plans en relief de la ville et de l’usine, tels qu’ils étaient présentés dans le pavillon Schneider à l’exposition universelle de Paris en 1900. Cinq espaces thématiques se déploient. On peut en particulier découvrir le fameux marteau-pilon à vapeur créé par François Bourdon.

- télécharger le programme du PREAC 2017

article proposé par Florian Martin, enseignant missionné auprès du musée de Bibracte

Voir en ligne : PREAC patrimoine archéologique - présentation

mai 2017 :

avril 2017 | juin 2017


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